Elias Marcou/Reuters | Une enfant dans le camp de réfugiés et de migrants de Moria, sur l'île grecque de Lesbos, le 2 avril 2020.
Elias Marcou/Reuters | Une enfant dans le camp de réfugiés et de migrants de Moria, sur l'île grecque de Lesbos, le 2 avril 2020.

Entre 350 et 500 migrants mineurs non accompagnés qui se trouvent dans des camps insalubres sur des îles grecques seront accueillis en Allemagne. Une initiative européenne a été lancée début mars par la Commission européenne pour la prise en charge de 1.600 enfants. Une dizaine de pays soutiennent cette démarche, ralentie par la pandémie de Covid-19.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, l'a annoncé mercredi 8 avril à la chaîne de télévision N-TV. Le pays va accueillir entre 350 et 500 enfants migrants non-accompagnés « dans les prochaines semaines », conformément à un engagement pris après une initiative lancée par la Commission européenne. Après le Luxembourg, qui a annoncé le transfert prochain de douze mineurs sur son sol, l'Allemagne va en accueillir 50 « dans un premier temps ».

« Une goutte d’eau », « un alibi », « une capitulation devant l’extrême-droite » : les réactions de l’opposition, des ONG ou des médias sont négatives après cette annonce. Certains soulignent que rapatrier 200.000 Allemands ou faire venir 40.000 saisonniers de l’étranger pour récolter les asperges est plus simple que l’accueil de quelques dizaines de réfugiés mineurs. En début de semaine, 50 députés conservateurs avaient demandé à ce que l’Allemagne fasse un geste pour ces enfants migrants. Des régions et des villes allemandes sont prêtes à les accueillir mais ne peuvent rien entreprendre sans un feu vert du gouvernement fédéral.

►À lire aussi : Le coronavirus, vecteur de propagande anti-migrants

L'Allemagne et le Luxembourg veulent convaincre d'autres pays européens d'en faire de même

Ces 350 à 500 migrants mineurs, qui se trouvent dans des camps insalubres sur des îles grecques, seront répartis entre les différentes régions allemandes après deux semaines de quarantaine, pandémie de coronavirus oblige. La situation sanitaire mondiale avait d’ailleurs fait passer ce sujet à l'arrière-plan.

Depuis le départ, l’Allemagne ne voulait pas faire cavalier seul et s’est efforcée de convaincre d’autres pays européens d’accueillir d’autres jeunes migrants. Le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas a déclaré : « Nous sommes, avec le Luxembourg, les seuls en ce moment à être toujours prêts à accueillir des enfants. »

La France, le Portugal, la Finlande, la Lituanie, la Croatie, l'Irlande, la Belgique et la Bulgarie ont manifesté leur intention de répondre à cette initiative de Bruxelles. L’Allemagne espère envoyer un nouveau signal avec l’accueil prochain de ces 50 enfants migrants.


Texte initialement publié sur : RFI

 

Et aussi