Les rixes sont fréquentes dans le camp de Moria. 19.000 migrants y dans des conditions épouvantables alors que  la capacité initiale du camp était de 2.800 personnes. Crédit : REUTERS/Elias Marcou
Les rixes sont fréquentes dans le camp de Moria. 19.000 migrants y dans des conditions épouvantables alors que la capacité initiale du camp était de 2.800 personnes. Crédit : REUTERS/Elias Marcou

Un jeune afghan est mort dans la nuit de mardi à mercredi après avoir été poignardé dans le camp de Moria, en Grèce. L’annonce de sa mort a provoqué une rixe mercredi. Quatre autres personnes ont été blessées, dont deux gravement, dans ces violences.

C’est un nouveau drame survenu dans le camp de Moria, sur l‘île grecque de Lesbos. Un adolescent afghan de 16 ans a succombé à ses blessures très tôt mercredi 8 avril après avoir été poignardé, la veille, par l’un de ses compatriotes âgé de 20 ans.

Grièvement blessé dans la nuit de mardi à mercredi, le jeune homme avait été transféré à l'hôpital de Mytilène, le chef-lieu de Lesbos (à 10 km de Moria) avant de succomber à ses blessures quelques heures plus tard.

La jeune victime était l'un des sept enfants d'une famille afghane qui vivait dans une oliveraie aux abords du camp surpeuplé de Moria.

L’annonce de sa mort a provoqué une rixe dans la section des mineurs du camp surpeuplé. Quatre personnes ont été blessées, dont deux grièvement, selon la police, qui a précisé qu'elles avaient toutes été hospitalisées.

Les rixes entre demandeurs d'asile sont fréquentes à Moria où sont entassés plus de 19 000 migrants dans des conditions épouvantables. La capacité initiale de ce camp était de 2 800 personnes.

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"Le climat dans le camp en plein ébullition a empiré à la suite du meurtre odieux du jeune Afghan", a dit à l'AFP une employée d'une ONG médicale présente dans le camp ayant requis l'anonymat.

Aucun cas de coronavirus n’a encore été détecté à Moria mais deux autres camps situés près d’Athènes ont déjà été placés en quarantaine après l'apparition de 28 cas de Covid-19.

Environ 100 000 demandeurs d'asile vivent actuellement en Grèce, dont 70 000 dans les 38 camps installés sur son territoire, a déclaré mercredi le ministre des Migrations, Notis Mitarachi, pendant un débat au Parlement.

Les centres d'enregistrement et d'accueil ("hotspots") sur les cinq îles de la mer Egée regroupent 39 000 personnes alors que leur capacité n'est que de 6 200.


 

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