Trois résidents d'un centre d'hébergement parisien confectionnent des masques contre le coronavirus (illustration). Crédit : Reuters
Trois résidents d'un centre d'hébergement parisien confectionnent des masques contre le coronavirus (illustration). Crédit : Reuters

Trois résidents d'un centre d'hébergement de Paris ont déjà confectionné 1 500 masques à destination de la Fondation de l'Armée du salut, qui les redistribue aux associations et aux autres centres d'hébergement. Jonson, un demandeur d'asile ivoirien à l'origine de cette initiative, dit vouloir "participer à l'effort national" pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.

"En voyant à la télévision que le nombre de morts ne cessait d'augmenter à cause du coronavirus, j'ai d'abord pleuré. Puis, une idée m'est venue : étant couturier dans mon pays, je me suis dit que je pouvais confectionner des masques". A 32 ans, Jonson, demandeur d'asile ivoirien qui vit dans un centre d'hébergement de Paris, a décidé de mettre son talent à contribution pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.

Un atelier dans la salle de réunion

"Il est venu me voir en me disant qu'il voulait aider en faisant des masques", explique à InfoMigrants Marie-France Beretti, directrice du centre d'hébergement. "On a alors récupéré des planches de tissu et on a installé un petit atelier dans la salle de réunion."

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Depuis une petite semaine, Jonson et deux autres résidents, ont déjà confectionné 1 500 masques, environ 300 par jour. Le matériel est ensuite destiné à la Fondation de l'Armée du salut qui les redistribue aux associations et aux autres centres d'hébergement, qui en manquent terriblement.

La directrice du centre ne tarie pas d'éloges sur ces trois résidents. "Ils sont extraordinaires, fabuleux", se félicite Marie-France Beretti.

"Rendre service à la nation"

"Nous sommes précaires, mais ce n'est pas pour cela qu'on ne doit pas se soucier des autres. Ceux qui travaillent, les soignants, les caissiers, les livreurs...etc. font beaucoup alors pourquoi ne pas les aider", explique sobrement Florence, une Camerounaise de 39 ans, qui a pris part à l'atelier de confection de masques. "Cela nous fait plaisir de rendre service à la nation et cette activité nous permet également de nous occuper", continue-t-elle.

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Jonson est du même avis : "Si on peut contribuer à éviter la multiplication des cas de coronavirus, alors on participe avec plaisir à l'effort national". Les deux collègues insistent également pour que "'chacun reste chez soi afin d'être solidaire avec les soignants".

En outre, d'autres initiatives individuelles ont été mises en place dans ce centre. Deux résidents aident par exemple quotidiennement le personnel de ménage. "Ils désinfectent tous les jours les locaux et même la rue, devant le centre. Ils vident également les poubelles. Ils ont pris cette décision tout seul, nous ne leur avions rien demandé", ajoute Marie-France Berreti qui dit réfléchir à la possibilité de leur faire un contrat de travail.

 

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