Le CRA de Vincennes est situé près du bois de Vincennes. Crédit : Capture d'écran Google Maps
Le CRA de Vincennes est situé près du bois de Vincennes. Crédit : Capture d'écran Google Maps

L’association Assfam a indiqué jeudi qu’une personne enfermée dans le centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes avait été testée positive au Covid-19. Il s’agit du premier cas confirmé de coronavirus dans l’un de ces centres. Selon la Cimade, le malade aurait été "contaminé à l'intérieur".

C’est le premier cas de coronavirus confirmé dans un centre de rétention administrative (CRA) français. "Une personne retenue vient d'être testée positive au Covid-19 dans le CRA de Paris-Vincennes, où 54 personnes sont encore enfermées", a indiqué jeudi 9 avril l'Assfam, association qui apporte un soutien juridique aux étrangers dans ce centre.

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Selon l’association, "la santé et la vie des personnes retenues sont mises en danger dans ces centres, où les mesures sanitaires de prévention et protection contre le Covid-19 ne sont pas, et ne peuvent pas, être mises en place".

Selon David Rohi, spécialiste de la rétention à la Cimade, le malade est entré en rétention le 7 mars et a "donc été contaminé à l'intérieur. "C'est exactement ce que nous craignions", a-t-il ajouté.

CRA maintenus ouverts

À la suite de l’instauration des mesures de confinement en France, des associations avaient demandé la fermeture des CRA, estimant que ces structures rendaient impossible la protection des personnes qui y sont retenues.

Le Conseil d'État a tranché le débat fin mars, en décidant que ces établissements pouvaient rester ouverts, jugeant que le maintien en rétention n'est pas un "facteur d'évolution de l'épidémie", contrairement à ce qu'affirmaient plusieurs organisations en réclamant la "fermeture temporaire".

Néanmoins, au cours des dernières semaines, les CRA se sont progressivement vidés, sous l'impulsion de décisions de remises en liberté par des juges. Sur quelque 1 900 places, seuls 184 personnes y étaient retenues jeudi, a affirmé le ministre français de l'Intérieur plus tôt devant une commission de l'Assemblée nationale.

"Je n'ai pas souhaité fermer les CRA parce qu'il y a à l'intérieur des sortants de prison, (...) parce que nous continuons à procéder dans certains cas, et il est vrai que c'est beaucoup plus difficile, à des expulsions", a ajouté Christophe Castaner.

 

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