Un navire de l'armée maltaise dans le port de La Valette, le 2 février 2017.  Photo: Picture-alliance/AP Photo/V.Mayo
Un navire de l'armée maltaise dans le port de La Valette, le 2 février 2017. Photo: Picture-alliance/AP Photo/V.Mayo

Malte a affirmé jeudi ne plus pouvoir garantir de porter secours aux migrants présents en mer Méditerranée ou leur permettre de débarquer sur l'île en raison de la crise sanitaire. En parallèle de cette annonce, 66 migrants ont été débarqués sur l'île dans la soirée après un bras de fer en mer.

Après l'Italie, Malte. En raison de la crise sanitaire, le gouvernement maltais a annoncé jeudi 9 avril que le pays ne pourrait plus garantir de porter secours aux migrants qui arriveraient par la mer ou leur permettre de débarquer sur ses rives.

À cela deux raisons, assure le gouvernement : le fait que les ressources du pays sont désormais déployées dans la lutte contre le coronavirus et que les migrants eux-mêmes puissent être porteurs du virus. À la date du 10 avril, 16 cas de contamination et deux décès liés au coronavirus ont été recensés à Malte.

"Il est de l'intérêt et de la responsabilité de ces personnes de ne pas se mettre en danger avec un voyage risqué vers un pays qui n'est pas en position de leur offrir un port sûr", a prévenu le gouvernement maltais.

Cette annonce est survenue alors qu'une embarcation de migrants partie de Libye tentait justement d'approcher l'île. Les 66 personnes à bord étaient présentes depuis cinq jours en mer, affirme la plateforme d'aide d'urgence Alarm Phone selon laquelle les autorités maltaises ont volontairement ignoré pendant plus d'une journée cette embarcation en détresse avant d'intervenir.

Débarquement de 66 migrants, accusations de sabotage contre Malte

Plus grave, un migrant sur le bateau a affirmé à Alarm Phone qu'un militaire maltais était monté dans l'embarcation et avait détérioré le moteur avant de les laisser dériver en pleine mer.

"Un militaire est venu et a sectionné un câble du moteur. L'eau entre dans le bateau. Le militaire maltais a dit : 'Je vous laisser mourir dans l'eau. Personne ne viendra à Malte'", a rapporté ce migrant à Alarm Phone.

Dans la soirée de jeudi, les autorités maltaises ont finalement porté secours à ces personnes qui ont pu débarquer sur l'île. Aucun commentaire n'a été fourni concernant les accusations de sabotage.

"Malte doit cesser la non-assistance et les attaques envers les personnes en détresse", a réagi Alarm Phone, exhortant le pays à "ne pas utiliser le Covid-19 comme une excuse pour violer les droits humains fondamentaux".

Mardi, l'Italie avait déjà annoncé qu'elle fermait ses ports, qu'elle ne considéraient plus comme sûrs du fait de l'épidémie. Ses deux décisions surviennent alors que le bateau Alan Kurdi, affrété par l'ONG allemande Sea-Eye, qui a porté secours à 150 migrants lundi, est toujours à la recherche d'un port.

Suite au départ du Alan Kurdi en mer fin mars, Malte avait informé le ministre des Affaires étrangères allemand que le pays n'accepterait pas d'éventuels rescapés - le navire battant pavillon allemand.

 

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