Cinquante-sept migrants qui vivaient à la rue près de Porte de la Villette, dans le 19e arrondissement de Paris, ont été mis à l'abri vendredi 10 avril. Photo : France Terre d'Asile
Cinquante-sept migrants qui vivaient à la rue près de Porte de la Villette, dans le 19e arrondissement de Paris, ont été mis à l'abri vendredi 10 avril. Photo : France Terre d'Asile

Dans le cadre des mesures prises en raison de la crise sanitaire, 57 migrants qui vivaient à la rue près de porte de la Villette, dans le 19e arrondissement de Paris, ont été évacués vendredi matin et mis à l'abri dans un hôtel de la capitale.

Une "petite" opération de mise à l'abri a eu lieu vendredi 10 avril dans la matinée, entre porte de la Villette et porte de Pantin, dans le 19e arrondissement de Paris. Cinquante-sept migrants qui se trouvaient sous un pont ont été pris en charge par les autorités et conduits vers un hôtel réquisitionné par l'État situé porte de Montreuil, dans le 20e arrondissement, a indiqué la mairie de Paris qui précise que l'opération s'est déroulée "dans le calme".

Ce groupe de migrants, constitués exclusivement d'hommes seuls, "était installé sur ce site depuis longtemps", ajoute la mairie. Il s'agissait pour la plupart de Guinéens et d'Ivoiriens, mais aussi de ressortissants du Soudan et du Sénégal. 

"Ils étaient cachés et aucun d'entre eux n'avait de tente", commente Pierre Henry, président de l'association France Terre d'Asile qui a participé à l'opération. Aucun test sanitaire n'a été effectué sur place, affirme ce dernier, qui évoque des mesures prises "à leur arrivée à l'hôtel".

"Ces migrants étaient serrés les uns contre les autres sous ce pont depuis des mois"

Alors que la France est dans sa quatrième semaine de confinement dû à l'épidémie de coronavirus, les opérations concernant les personnes à la rue se succèdent, notamment en région parisienne. Depuis l'évacuation du campement d'Aubervilliers, le 24 mars, la mise à l'abri de 45 personnes à Montreuil a eu lieu fin mars, selon la préfecture de Seine-Saint-Denis, et, plus récemment, un campement de 100 personnes, situé lui aussi sur la commune d'Aubervilliers, a été démantelé mardi.

Ce démantèlement n'a toutefois débouché sur aucune mise à l'abri, les associations affirmant que les occupants ont simplement été "chassés" des lieux.

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Parmi ce groupe, certains se seraient réfugiés vers Porte de la Chapelle et le périphérique, estime Julie Lavayssière de l'association Utopia 56. "Ce qui est sûr, c'est que les personnes mises à l'abri ce vendredi matin ne faisaient pas partie du groupe d'Aubervilliers", assure-t-elle. "Ces hommes-là étaient serrés les uns contre les autres sous ce pont depuis des mois."

Depuis les démantèlements des gros campements de migrants à Paris et en proche banlieue, il est difficile d'évaluer le nombre de personnes restant à la rue, affirme encore la mairie de Paris. "La difficulté est de les localiser car ils sont désormais éparpillés sur le territoire."

 

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