Le navire humanitaire Alan Kurdi. | Photo: Picture-alliance/dpa/S.Hayden
Le navire humanitaire Alan Kurdi. | Photo: Picture-alliance/dpa/S.Hayden

Les quelque 150 migrants présents à bord de l'Alan Kurdi depuis une semaine vont être transférés à bord d'un autre navire pour y être placés en quarantaine, a indiqué Rome. Aucun détail n'a été fourni sur la destination vers laquelle seront ensuite envoyés ces rescapés.

Une semaine après leur sauvetage, les 149 migrants à bord de l'Alan Kurdi entrevoient enfin une issue. L'Italie, qui refuse au navire humanitaire d'accoster dans ses ports, a décrété que ces rescapés seraient transférés sur un autre bateau, au large de la Sicile, avec l'aide des garde-côtes italiens et de la Croix rouge, pour y être placés en quarantaine.

D'après un document signé dimanche par le chef de la protection civile Angelo Borrelli, le transfert devait alors avoir lieu "dans les prochaines heures", mais lundi aucune opération n'avait été engagée et le navire Alan Kurdi voguait toujours au large des côtes italiennes. Aucun détail n'a, par ailleurs, été fourni sur la destination vers laquelle seront ensuite envoyés ces rescapés.

"Les autorités italiennes prévoient de transporter nos passagers sur un vaisseau plus grand et mieux équipé, mais nous n'avons aucune confirmation et aucun détail sur ce transfert", affirme à InfoMigrants Sophie Weidenhiller, porte-parole de l'ONG allemande Sea-Eye, qui affrète l'Alan Kurdi. À bord de ce dernier, il n'y a qu'une douche et un WC pour 150 personnes, poursuit-elle. "Nous n'avons jamais eu autant de monde à bord."

Surcharge des services de santé en Italie

Après ce transfert, les migrants, secourus au large de la Libye, lundi 6 avril, lors de deux opérations de sauvetage, devront se soumettre à des examens de santé, ont indiqué les autorités italiennes, dans le cadre des mesures anti-coronavirus.

Le ministre des Transports italien a précisé que cette mesure était nécessaire en raison de la surcharge des services de santé en Sicile, île à proximité de laquelle se trouvait l'Alan Kurdi lundi 13 avril. 

Angelo Borrelli a, quant à lui, affirmé que débarquer les migrants représenterait trop de pression pour les autorités locales. À la date de lundi, 19 899 personnes étaient mortes en Italie des suites du coronavirus.

"Nous sommes reconnaissants envers l'Italie"

L'Italie - tout comme Malte et la Libye - a déclaré ses ports comme non-sûrs pour le débarquement des personnes sauvées en mer.

Une mesure que l'ONG Sea-Eye dit comprendre. "Nous sommes reconnaissants envers l'Italie. Ils nous ont déjà offert une aide très généreuse", indique encore Sophie Weidenhiller. "L'Italie nous a fait parvenir de la nourriture à deux reprises et désormais elle fait cette proposition de transfert. Maintenant, nous attendons l'aide de l'Allemagne."

Vendredi, l'ONG avait alerté dans un communiqué sur la situation sanitaire à bord du bateau humanitaire. La capitaine, Bärbel Beuse, avait demandé au centre italien de coordination des secours de lui fournir de la nourriture, des médicaments et du carburant pour le navire.

"Il est inacceptable que nous voyions des plans de sauvetage de plusieurs millions pour l'industrie européenne, mais en même temps, on prétend qu'il n'y a pas de ressources pour la protection des migrants", avait, pour sa part,fustigé le président de Sea-Eye, Gorden Isler.


 

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