BERNARD BARRON / AFP | Des officiers de police contrôlent une famille de migrants près du port de Calais, le 9 avril 2020.
BERNARD BARRON / AFP | Des officiers de police contrôlent une famille de migrants près du port de Calais, le 9 avril 2020.

Les associations qui viennent en aide aux migrants à Calais poussent un cri d'alerte. En pleine épidémie de Covid-19, elles doivent se débrouiller seules pour porter assistance aux quelque 1 000 à 1 200 réfugiés qui vivent dans des tentes dans des petits campements en espérant passer en Angleterre. Près de 300 d’entre eux ont été mis à l’abri dans un centre d’accueil depuis le début du mois, mais dehors ils sont toujours nombreux et la nourriture se fait de plus en plus rare.

Avec notre envoyé spécial à Calais, Alexis Bédu

Les trois bénévoles de l’association Utopia 56 distribuent de l’eau, un plat chaud, et du gel hydroalcoolique. Avec le froid, la faim et désormais le virus, beaucoup de migrants décident de repartir dans leur pays. Comme cet Éthiopien : ''J’ai passé beaucoup de temps en Europe vous savez. J’ai fait onze pays différents, dans six d’entre eux, ils m’ont renvoyé par avion en Italie, raconte-t-il. Ça fait maintenant neuf ans et demi, je n’ai toujours pas de papier, pas de logement, pas de travail…''

Comme pour dire ''ras-le-bol'' il passe la main au-dessus de sa tête. Avec l’arrivée de l’épidémie de coronavirus en France, il avait pourtant été mis à l’abri par la préfecture dans un centre à proximité. ''Dans cette maison, vous tenez maximum une semaine. C’était bien au début, mais on était neuf dans une chambre'', explique-t-il.

Confinement oblige, les associations ont réduit leurs effectifs et les provisions viennent à manquer. Mardi soir, ils n’ont pu nourrir qu’une cinquantaine de personnes.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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