Des migrants sont ramenés à Tripoli après avoir été interceptés en mer par les garde-côtes libyens, le 9 janvier 2018. Image d'illustration. Crédit : REUTERS/Hani Amara
Des migrants sont ramenés à Tripoli après avoir été interceptés en mer par les garde-côtes libyens, le 9 janvier 2018. Image d'illustration. Crédit : REUTERS/Hani Amara

Des migrants interceptés à bord d’une embarcation dans la zone de recherche et sauvetage maltaise ont été amenés en Libye, a annoncé l’OIM mercredi. Cinq personnes sont mortes à bord de ce canot qui était en détresse depuis plusieurs jours.

Une cinquantaine de migrants ont été amenés mercredi 15 avril au port de Tripoli par des garde-côtes libyens, ont annoncé l’Organisation internationale des migrations (OIM) et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Cinq cadavres ont également été ramenés à terre.

Selon l’OIM, qui a ensuite porté à 51 le nombre de survivants, les personnes se trouvaient à bord d’une embarcation de fortune dans la zone de recherche et sauvetage (SAR zone) maltaise quand elles ont été interceptées par un navire marchand. Ce dernier les a ensuite remis aux garde-côtes libyens, qui les ont amenés au port de Tripoli. Safa Msehli, porte-parole de l'IOM, a précisé que les migrants sont originaires du Soudan et de l'Érythrée, ajoutant que huit femmes et trois enfants se trouvent parmi eux.

Cette embarcation de migrants, notamment identifiée par la plateforme d'alerte Alarm phone, se trouvait depuis plusieurs jours dans la zone de recherche et sauvetage maltaise avec une cinquantaine de personnes à son bord. La plateforme a confirmé qu'il s'agissait bien du même bateau mais a avancé mercredi un bilan plus lourd de "12 personnes mortes de soif ou noyées". Et elle a rappelé que les survivants ont été "illégalement" conduits vers la Libye "où ils vont être victimes de viol et de tortures".


 Des combats aux portes de Tripoli

Les 51 personnes arrivées à Tripoli mercredi n’ont pas eu immédiatement la permission de rejoindre la terre ferme. Le HCR a annoncé sur Twitter avoir procédé à des distributions d’eau et de couvertures dans l’attente du débarquement des rescapés. Une fois à terre, ils ont été conduits vers des centres de détention de migrants.

La semaine dernière, dans un contexte d’épidémie de coronavirus et de regain des combats dans la région de Tripoli, les autorités libyennes avaient déjà interdit pendant plusieurs heures à 277 migrants interceptés en mer de débarquer dans le port de Tripoli.

Les autorités libyennes avaient estimé que la capitale n’était plus un port "sûr" du fait de l’intensité des combats entre le Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj – reconnu par l’ONU - et le maréchal Khalifa Haftar.

A l'est de Tripoli, des combats font rage depuis quelques jours entre les deux belligérants dans la région d'Abou Grein, à mi-distance entre les villes de Misrata et Syrte. Les pro-Haftar se sont emparés en janvier de Syrte (450 km à l'est de Tripoli) et tentent d'avancer vers Misrata, à 250 km plus à l'ouest.

Mardi, Tripoli a subi une pluie de roquettes. Les tirs ont été imputés aux forces du maréchal Haftar qui ont perdu deux villes stratégiques dans l'ouest de la Libye plongée dans le chaos.

Les organisations de défense des migrants ont, elles, toujours considéré que la Libye ne pouvait pas représenter un port sûr. Une fois interceptés en mer, les migrants sont envoyés dans des centres de détention sordides où ils sont régulièrement victimes de mauvais traitements et soumis à des travaux forcés.

Malte demande à l’UE une action urgente en Libye

Malte a adressé mardi une lettre au chef de la diplomatie européenne Josep Borrell pour demander une action urgente en Libye, afin d'éviter un désastre humanitaire dans le pays où l'épidémie de coronavirus s'est ajoutée à la guerre civile et à la crise migratoire. 

Dans une vidéo publiée sur Facebook, le ministre maltais des Affaires étrangères Evarist Bartolo souligne que plus de 650 000 personnes attendent sur les côtes libyennes dans une situation désespérée, dans l'espoir de rejoindre l'Europe, alors que la situation se détériore dans le pays.

En pleine crise du nouveau coronavirus, Malte et l'Italie ont officiellement fermé leurs ports aux migrants, une décision dénoncée par les ONG. Les autorités maltaises ont toutefois secouru vendredi un bateau avec 67 migrants, ensuite placés en quarantaine.


 

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