Le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors d'une session du parlement, le 30 mars à Budapest. Photo : Reuters.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors d'une session du parlement, le 30 mars à Budapest. Photo : Reuters.

La Hongrie a annoncé mercredi l'expulsion de 14 étudiants iraniens accusés d'avoir violé les règles sanitaires liées au coronavirus. Deux d'entre eux ont été présentés par le Premier ministre Viktor Orban comme étant ceux qui ont amené le virus dans le pays.

La Hongrie a annoncé mercredi 15 avril l'expulsion de 14 Iraniens accusés d'avoir violé les règles sanitaires d'endiguement du coronavirus. Onze étudiants seront expulsés cette semaine et trois autres le 23 avril. Ils sont accusés d'avoir manifesté un "comportement absolument asocial et violent", a indiqué le lieutenant-colonel de police Robert Kiss en conférence de presse à Budapest.

Deux de ces étudiants, qui bénéficient d'une bourse du gouvernement hongrois, ont été présentés par le Premier ministre Viktor Orban comme étant ceux qui ont amené le virus en Hongrie, où l'état d'urgence a été décrété le 30 mars. En réaction, les jeunes Iraniens ont été la cible ces dernières semaines d'une campagne de dénigrement de la part des médias pro-gouvernementaux.

Le chef du gouvernement hongrois avait déjà estimé que la maladie était liée "aux étrangers chez qui elle se propage et à l'immigration".

Une mise en quarantaine de l'État de droit

Le comité Helsinki (HHC), une organisation non gouvernementale de défense des droits humains, a réagi à ces expulsions en estimant qu'elles étaient "motivées politiquement".

Pire, elles "mettent le droit en quarantaine", selon le HHC qui défend l'une des étudiantes menacées, présente en Hongrie depuis neuf ans. Les charges contre cette femme de 33 ans, étudiante en pharmacie à Budapest, "reposent sur des accusations non étayées", a déploré auprès de l'AFP un avocat du HHC, Zsolt Szekeres. Elle a fait appel de cette décision en invoquant les risques sanitaires encourus en Iran, pays durement frappé par le coronavirus, mais un tribunal de Budapest a rejeté son recours, le 8 avril.

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La diplomatie iranienne a considéré la semaine dernière que ces mesures étaient "profondément regrettables". La Hongrie, qui compte près de 10 millions d'habitants, a elle déclaré près de 1 600 infections au nouveau coronavirus et la mort de 134 personnes des suites du virus.

 

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