Des équipes de MSF s'exercent lors d'exercices d'urgence sur l'Aquarius, en 2017. Crédit : InfoMigrants
Des équipes de MSF s'exercent lors d'exercices d'urgence sur l'Aquarius, en 2017. Crédit : InfoMigrants

Médecins sans frontières a annoncé vendredi la fin de sa collaboration avec SOS Méditerranée à bord du navire Ocean Viking. Les deux ONG sont en désaccord sur la possibilité d’effectuer des sauvetages malgré la crise sanitaire liée au coronavirus.

Après quatre ans de collaboration, l'organisation Médecins sans frontières (MSF) a annoncé, vendredi 17 avril, qu’elle cessait ses missions de sauvetage en mer aux côtés de SOS Méditerranée, qui affrète le bateau Ocean Viking, contraint de rester jusqu'à nouvel ordre à Marseille, son port d'attache.



Les deux ONG, dont le partenariat a permis de sauver au cours des quatre dernières années environ 30 000 personnes en Méditerranée, ne sont pas parvenues à s'entendre sur la possibilité d'opérer malgré la crise sanitaire du coronavirus qui a notamment vu les ports italiens et maltais se fermer. 

MSF aurait souhaité poursuivre les sauvetages, même sans garantie des États européens de pouvoir débarquer les personnes secourues, au nom de "l'impératif humanitaire", a expliqué Hassiba Hadj Sahraoui, chargée des questions humanitaires. Mais l'ONG pouvait difficilement continuer de mobiliser une équipe médicale si le bateau de sauvetage restait à quai en France, a-t-elle ajouté.

SOS Méditerranée a considéré, de son côté, que "les conditions de sécurité n'étaient malheureusement plus réunies pour les équipages et les personnes secourues", a expliqué à l'AFP Sophie Beau, sa directrice générale. Reprendre la mer, c'était prendre le risque de se retrouver "face à des situations de blocage qui s'éternisent en mer", "sans aucune garantie de débarquement", et "des évacuations médicales rendues très hasardeuses du fait des conditions de crise sanitaire", a-t-elle ajouté.

De nombreuses embarcations quittent la Libye

MSF a par ailleurs rappelé la gravité de la situation de ceux qui continuent de fuir la Libye. Alors que Malte et l’Italie ont fermé leurs ports et que plus aucun navire humanitaire ne se trouvait dans la zone de recherche et sauvetage libyenne vendredi, les tentatives de traversées de la Méditerranée sont encore plus dangereuses qu’avant.

Pour MSF, les États européens "continuent de se dérober devant leur responsabilité, contrecarrant sans relâche les efforts des ONG". Elle accuse Malte et l'Italie de ne pas avoir répondu à plusieurs appels de détresse et d'avoir refusé "le débarquement à près de 200 personnes" par d'autres ONG pendant le week-end de Pâques.

Prenant acte du retrait de son "partenaire médical", SOS Méditerranée espère pouvoir reprendre les opérations de sauvetage au plus vite pour éviter "que la crise sanitaire n'en cache une autre", humanitaire, en Méditerranée. Et elle rappelle dans un communiqué que plus de 1 000 personnes ont fui la Libye "à bord de bateaux impropres à la navigation" au cours des dix derniers jours.


 

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