Près de la frontière française, le camp de transit pour migrants de la Roya, en périphérie de la ville italienne de Vintimille, a été placé en quarantaine, vendredi 18 avril (archives). Crédit : RFI
Près de la frontière française, le camp de transit pour migrants de la Roya, en périphérie de la ville italienne de Vintimille, a été placé en quarantaine, vendredi 18 avril (archives). Crédit : RFI

Dans le camp de transit pour migrants de Vintimille, en Italie, quelque 200 personnes ont été placées en quarantaine vendredi après qu'un des résidents a été détecté positif au coronavirus. Dans la région, les arrivées de migrants se sont taries en raison de la pandémie.

Près de la frontière française, le camp de transit pour migrants de la Roya, en périphérie de la ville italienne de Vintimille, a été placé en quarantaine, vendredi 18 avril. Les allées et venues des quelque 200 résidents, déjà réduites à leur strict minimum depuis fin février, sont désormais interdites. La mesure fait suite à la découverte vendredi d'un cas de Covid-19 dans l'enceinte du camp.

La personne infectée, un demandeur d'asile pakistanais de 39 ans arrivé en Italie quelques semaines auparavant, a été transférée à l'hôpital de San Remo, où il se trouvait toujours lundi 20 avril. L'homme résidait jusqu'à présent dans un logement en préfabriqué de ce camp qu'il partageait avec plusieurs personnes.

Un deuxième migrant a également été testé après avoir présenté des symptômes du Covid-19 mais son diagnostic n'était pas encore connu lundi.

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Des familles et des individus seuls originaires notamment du Pakistan, du Niger, du Bangladesh, d'Afghanistan et d'Irak se trouvent dans ce camp ouvert en juillet 2016 pour faire face à l'afflux de migrants à la frontière avec la France et géré par la Croix-Rouge. Unique en son genre dans le nord de la péninsule, ce lieu en accès libre et sans condition de durée était initialement prévu pour héberger les migrants de passage, explique Jacopo Colomba, consultant juridique pour les ONG Caritas et We World.

"Les gens restaient au départ un jour ou deux, parfois une semaine maximum, commente-t-il. Depuis 2019, ça a changé : l'espoir et les options des migrants diminuent et ils restent dans le camp plus longtemps qu'avant. Certains sont là depuis un an." Quatre enfants, dont des bébés, et neuf femmes seules font actuellement partie des résidents.

Règles strictes

À l'intérieur du camp, bien que les chambres ne soient pas individuelles, les règles sont strictes, assure la directrice des lieux Marsha Cuvé, citée par France 3 régions. "[Les migrants] se nettoient les mains avant d'aller à la cantine", dit-elle. "Sur les tables, il y a quatre personnes au lieu de six pour respecter le mètre de distance. Chaque migrant a du gel hydroalcoolique. Dès le début, on leur a expliqué pourquoi ces mesures d'hygiène sont importantes."

"Les choses n'ont pas beaucoup changé", abonde Jacopo Colomba. "Même avant la quarantaine, la Croix-Rouge faisait les courses pour les migrants afin d'éviter toute contamination."

Jacopo Colomba n'a, quant à lui, "malheureusement" plus le droit d'entrer dans le camp depuis la mise en place de la quarantaine, au même titre que les autres intervenants extérieurs. Il s'y rendait régulièrement pour conseiller les migrants sur leurs droits, et notamment les femmes victimes de trafic sexuel*.

"Toutes les gares sont contrôlées"

Autre conséquence de la pandémie : les arrivées se sont taries dans cette région italienne, autrefois zone de passage privilégiée par les migrants souhaitant rejoindre le nord de l'Europe.

"Les gares sont contrôlées, les frontières dans les Balkans se sont renforcées, Il est maintenant rare de voir des personnes arriver jusqu'ici", affirme encore Jacopo Colomba.

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Pays d'Europe le plus touché par la pandémie (23 660 décès recensés à la date du 20 avril), l'Italie a serré la vis en terme de contrôles. Depuis samedi, les autorités refoulent systématiquement les habitants français de la vallée de la Roya lors de leur arrivée côté italien, selon le maire de la commune de Breil-sur-Roya.

"Avant le confinement, on notait environ 50-60 arrivées par jour à Vintimille dont une quarantaine de personnes refoulées par la France, observe Jacopo Colomba. Désormais, toutes les ONG ont arrêté leurs activités à la frontière donc c'est très difficile de compter mais ce qui est sûr c'est que le nombre d'arrivées est très faible. Il y en a peut-être une dizaine par semaine. Et en ce qui concerne les passages vers la France, ils sont quasi-inexistants."


*En cette période de confinement, l'ONG We World met en place à partir de mercredi 22 avril ''Helpline", une ligne téléphonique de soutien aux migrants en Italie, accessible en cinq langues (italien, français, anglais, ourdou et panjabi). Les personnes pourront y obtenir des renseignements concernant les aides sociales auxquelles elles peuvent éventuellement avoir droit et des conseils juridiques.

Numéros : 

+39 347 431 1970 (pour l'anglais, l'italien et français)

+39 353 319 7955 (pour l'ourdou et le panjabi)

 

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