Des enfants dans une rue du quartier populaire d'Abobo dans le nord d'Abidjan, en Côte d'Ivoire. Crédit : Anne-Diandra Louarn / InfoMigrants
Des enfants dans une rue du quartier populaire d'Abobo dans le nord d'Abidjan, en Côte d'Ivoire. Crédit : Anne-Diandra Louarn / InfoMigrants

Les transferts d'argent, ressource financière cruciale des pays en développement, vont chuter de 20% cette année, autre conséquence économique de la pandémie du coronavirus, selon un rapport de la Banque mondiale publié mercredi.

À cause de la pandémie de coronavirus, les travailleurs migrants pourraient envoyer moins d'argent dans leur pays d'origine. C'est en tout cas ce qu'estime la Banque mondiale dans un rapport alarmant sur les transferts d'argent, publié mercredi 22 avril. L'institution y prévoit que les sommes envoyées par les travailleurs migrants dans leur pays d'origine, devraient s'établir à 445 milliards de dollars cette année contre 554 milliards en 2019, soit une baisse de 20%.

>> À (re)lire : Agriculture : l'Italie veut régulariser 600 000 sans-papiers pour pallier le manque de main d'œuvre 

Ces transferts, véritables filets de sécurité pour les familles bénéficiaires, constituent une ressource financière cruciale des pays en développement et peuvent représenter jusqu'à un tiers de l'économie de certains États pauvres, comme le Soudan du Sud, Haïti, ou encore le Népal. Ils sont "une source vitale de revenus" pour ces pays, a rappelé le président de la Banque mondiale David Malpass cité dans ce communiqué.

Les travailleurs migrants, plus vulnérables lors d'une crise économique

Cette chute, la plus importante de l'histoire récente, est "largement due à une baisse des revenus et de l'emploi des travailleurs migrants, qui ont tendance à être plus vulnérables (...) lors d'une crise économique dans un pays d'accueil", explique l'institution, qui estime que la crise pourrait engendrer un recul des mouvements migratoires.

Les migrants sont en effet particulièrement exposés aux pertes de revenus car ils travaillent dans les secteurs les plus affectés par les mesures d'endiguement de la pandémie, notamment la restauration, l'hôtellerie, la vente au détail et en gros, le tourisme ou encore les transports et la construction. Ils sont par ailleurs exclus des programmes gouvernementaux d'aide face au virus, y compris l'accès aux soins de santé.

La crise risque d'anéantir les progrès de ces dernières années

L'impact de cette situation sur les pays pauvres pourrait être d'autant plus grand que ces transferts d'argent vont représenter une part encore plus importante dans l'économie de ces pays, en raison de la baisse significative attendue des investissements étrangers. Celle-ci pourrait dépasser les 35%, selon les auteurs du rapport, qui préconisent un retour rapide à la normale.

"La récession économique causée par le Covid-19 a de lourdes conséquences sur la capacité à envoyer de l'argent dans le pays d'origine et rend d'autant plus crucial de raccourcir le délai de reprise (de l'activité) dans les économies avancées", a ajouté David Malpass.

La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont récemment prévenu que la crise risquait d'anéantir les progrès enregistrés ces dernières années dans les pays pauvres. Le FMI table sur une récession mondiale de 3% cette année à condition que les mesures de confinement puissent être levées fin juin. Au-delà, elle pourrait être plus sévère.

 

Et aussi

Webpack App