Une opération de sauvetage dans la Manche, le 24 novembre 2019. Crédit : Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord
Une opération de sauvetage dans la Manche, le 24 novembre 2019. Crédit : Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord

La cour d'appel de Douai, dans le Nord, a relaxé jeudi un passeur afghan du chef d'homicide involontaire après la mort d'une Iranienne dans la Manche en août 2019. Il reste toutefois condamné à cinq ans de prison ferme pour aide au séjour irrégulier et usage de faux documents.

Un passeur afghan a été relaxé jeudi 23 avril du chef d'homicide involontaire et de la circonstance aggravante de bande organisée par la cour d'appel de Douai, dans le Nord, a appris l'AFP auprès de son avocat.

Cet homme de 31 ans avait été condamné en décembre par le tribunal de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) à cinq ans de prison ferme pour homicide involontaire et aide au séjour irrégulier, après la mort d'une migrante iranienne dans la Manche lors d'une traversée clandestine vers l'Angleterre en août 2019. La disparition de cette femme avait représenté le premier décès officiel d'une personne migrante durant une traversée de la Manche.

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La cour d'appel a toutefois maintenu la peine à cinq ans de prison ferme pour aide au séjour irrégulier et usage de faux documents qui pèse contre cet homme. 

"C'est bien un passeur mais [sans] lien avec le décès de cette jeune Iranienne"

En première instance, l'Afghan avait nié toute implication dans l'organisation des passages mais avait admis avoir "aidé à charger des bateaux dans le véhicule" dans le but de financer sa propre traversée.

"La Cour d'appel vient retirer tout lien juridique entre cet homme et ce drame : c'est bien un passeur, impliqué et puni pour aide au séjour irrégulier, mais il n'y a plus de lien avec le décès de cette jeune Iranienne", a réagi son avocat, Me Emmanuel Riglaire.

Un autre passeur, de nationalité néerlandaise, avait été condamné en première instance à trois ans de prison ferme. Il n'a pas fait appel.

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Les deux hommes faisaient partie d'un réseau qui avait mis en place un système très lucratif, avait exposé le procureur durant le procès. "Avec une vingtaine de migrants sur une embarcation, on peut estimer que cela rapportait 50 000 livres (59 000 euros) par passage. Ces personnes acceptent de s'enrichir en profitant de la détresse humaine", avait-il alors dénoncé.

Depuis la fin 2018, les tentatives de traversée se sont multipliées dans la Manche malgré le danger lié à la densité du trafic, aux forts courants et à la faible température de l'eau. En 2019, 2 758 migrants tentant de traverser la Manche ont été interceptés, soit quatre fois plus qu'en 2018, selon la préfecture maritime.

 

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