Des migrants à Melilla. Crédit : Picture-alliance
Des migrants à Melilla. Crédit : Picture-alliance

L'Espagne souhaite expulser dans "les meilleurs délais" 600 migrants tunisiens présents dans l'enclave de Melilla. Lundi, ces personnes ont entamé une grève de la faim pour réclamer leur transfert vers l'Espagne continentale.

Le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a annoncé lundi 27 avril lors d'une conférence de presse que son gouvernement allait renvoyer "dans les meilleurs délais" un peu plus de 600 migrants tunisiens accueillis dans le centre de séjour temporaire pour immigrants (CETI) de Melilla, l'enclave espagnole dans le nord du Maroc.

Le ministre a assuré être en pourparlers avec les autorités tunisiennes afin de rapatrier au plus vite ces migrants dont le dossier d'expulsion est "complet".

Le même jour, ces personnes ont entamé une grève de la faim, demandant leur transfert vers l'Espagne continentale. Un migrant s'est cousu les lèvres en signe de protestation, selon l'agence de presse espagnole Efe.

Une cinquantaine de migrants transférés

Ces migrants assurent qu'ils continueront leur grève de la faim jusqu'à ce que la demande de transfert vers la péninsule espagnole soit acceptée "parce que nous sommes à Melilla depuis plus d'un an", précisent les Tunisiens. Selon eux, d'autres personnes présentes à Melilla depuis moins de temps ont été sélectionnées pour être évacuées.

En effet, la semaine dernière, un groupe de 51 migrants a été transféré sur le continent. Mais ces personnes étaient considérées comme "vulnérables". C'est le premier transfert de ce genre depuis l'état d'urgence sanitaire décrété en Espagne pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

>> À (re)lire : Expulsion de migrants de Melilla : l’Espagne disculpée par la CEDH

Le centre de séjour temporaire de Melilla accueille actuellement plus de 1 600 personnes. Plusieurs ONG, dont Amnesty international, ont dénoncé les conditions de vie dans l'établissement, estimant que "les espaces communs" contenant un trop grand nombre de personnes "sont une cible dangereuse où les risques de contracter [le Covid-19] se multiplient".

L'ONG demande ainsi au gouvernement espagnol un plan pour décongestionner le centre et accélérer les transferts vers la péninsule, "en particulier pour les plus vulnérables ou ceux qui bénéficient déjà d'une protection internationale".

 

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