Des réfugiés au centre de Gashora. Crédit : DW
Des réfugiés au centre de Gashora. Crédit : DW

Un Érythréen de 16 ans accuse un commandant de police chargé de la sécurité du centre de transit du HCR au Rwanda de tentative d'agression sexuelle. La police nationale accuse de son côté le jeune homme de mentir. L'agence onusienne se dit "profondément choqué".

Le centre de transit du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) à Gashora, au Rwanda, est au coeur d'un scandale sexuel, selon le quotidien britannique The Guardian.

Un jeune Erythréen de 16 ans accuse un commandant de la police rwandaise chargé de surveiller ce centre de tentative d'agression sexuelle, après avoir contourné les règles du couvre-feu lié au coronavirus le 13 avril.

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Selon les migrants, le jeune homme a été détenu dans une section du centre avec trois autres personnes - un Erythréen et deux Soudanais - entre 18h30 et 20h30.

"On lui a demandé de retirer son pantalon"

Le commandant de police a alors "ordonné [au mineur érythréen] d'enlever ses vêtements", raconte au Guardian un réfugié du centre. "Le gamin a fait ce qu'on lui avait dit car il pensait qu'il allait être fouillé, mais on lui a alors demandé de retirer son pantalon, ce qu'il a refusé. Le commandant l'a giflé et frappé sur tout le corps à l'aide d'un bâton. Il a ensuite sorti son arme et l'a menacé, mais [l'adolescent] a réussi à s'échapper."

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De son côté, la police rwandaise accuse les migrants de mentir, affirmant que le jeune homme était ivre. "Ils ont comploté pour inventer une histoire d'agression physique et de tentative d'agression sexuelle. Les conclusions préliminaires montrent que le plaignant a profité de l'occasion pour essayer d'éviter la punition pour avoir violé le couvre-feu, et a plutôt soulevé d'autres griefs concernant le menu alimentaire, les services médicaux et la présence policière dans le camp", a déclaré l'organisation sur Twitter.

Le HCR se dit "profondément choqué"

La porte-parole du HCR, Elise Villechalane, contacté par The Guardian, se dit "profondément préoccupée" par le "cas présumé d'agression sexuelle contre un réfugié" au centre de Gashora. "Nos équipes de protection sont présentes au centre et des mesures appropriées ont été prises pour fournir à la victime présumée tout le soutien nécessaire, y compris une assistance juridique et psychosociale".

Pourtant, selon un migrant cité par le quotidien britannique, "le commandant est toujours là, circulant tout le temps" dans le centre.

Une enquête est en cours pour faire la lumière sur les circonstances de cette agression présumée, a indiqué le gouvernement rwandais.

Le centre de transit de Gashora accueille des migrants évacués de Libye en attendant leur réinstallation dans un pays tiers. La plupart sont considérés comme "vulnérables" après avoir subi toutes sortes d'atrocités sur le sol libyen (torture, séquestration, abus sexuels, travaux forcés…).

 

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