Les sauveteurs en mer (SNSM) de La Rochelle. Crédit : @SauveteursenMer (Archive)
Les sauveteurs en mer (SNSM) de La Rochelle. Crédit : @SauveteursenMer (Archive)

Un hangar de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de Calais a été cambriolé à trois reprises en moins de deux mois. Des embarcations volées ont été mises en vente sur Internet et un des bateaux a été récupéré par les garde-côtes britanniques.

Quelle ne fût pas la surprise des sauveteurs de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de Calais pendant une opération de sauvetage, le 17 avril : ils sont tombés nez à nez avec un de leurs bateaux qui avait été volé quelques semaines plus tôt.

Ce matin là, au large du Cap Gris-Nez, une quinzaine de personnes ont été secourues, dont huit enfants. À bord du Zodiac en panne, en pleine mer, se trouvaient des migrants partis de la côte française pour rejoindre l’Angleterre.

En moins de deux mois, la délégation régionale de la SNSM de Calais, qui porte secours chaque semaine à plusieurs dizaines de migrants en difficulté dans leur tentative de traversée de la Manche, a été victime de trois cambriolages, pour un préjudice évalué à 50 000 euros.

Une enquête est en cours et la police soupçonne des passeurs de migrants d’être à l’origine de cette série de larcins.

Un bateau dérobé à Calais... retrouvé à Douvres

Après le premier vol d’un moteur hors-bord le 16 mars dans le hangar du du centre de formation et d’intervention (CFI) de la SNSM à Calais, une patrouille de police surprend trois hommes en pleine nuit, tentant de dissimuler un moteur et des rames derrière un fourgon. Les suspects prennent la fuite, mais la police parvient à récupérer le matériel qui appartenait aux sauveteurs en mer.

Le 11 avril, ce sont cinq embarcations, dont deux pneumatiques d’intervention rapide servant au sauvetage des baigneurs et trois Zodiac semi-rigides, qui sont dérobées dans un autre local de la SNSM. Les policiers alertent eux-même les sauveteurs de la disparition de leurs bateaux. Ils viennent en effet d’interpeller un individu et de découvrir dans son téléphone portable des photos de plusieurs embarcations mises en vente sur Internet. L’homme, un passeur présumé d’après une source mentionnée par le quotidien 20 minutes, déclare avoir volé les embarcations à la SNSM, dans le but de les revendre à des migrants souhaitant se rendre en Angleterre.

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Un autre de ces bateaux semi-rigides volés a été retrouvé de l’autre côté de la Manche. Des garde-côtes britanniques ont intercepté au large de Douvres un Zodiac, avec des migrants à son bord. Il a été formellement identifié et devrait être restitué à la SNSM.

Vol de matériel de réanimation

Malgré la mise à l’abri des embarcations des sauveteurs, dans des locaux mieux sécurisés, les vols continuent dans le même hangar du centre de formation et d’intervention de la SNSM à Calais. Dans la nuit du 28 avril, “tout le matériel opérationnel restant” est subtilisé : un Zodiac (bateau semi-rigide), cinq planches de sauvetage (paddle), deux sacs de secours contenant des défibrillateurs, des bouteilles d’oxygène et du matériel de réanimation et 14 talkies-walkies, rapporte le quotidien La Voix du Nord qui cite un communiqué de la SNSM.

Pour ce centre de la SNSM, le préjudice n’est pas seulement financier. Ce vol de matériel peut compromettre les sauvetages sur les plages pour cet été. Le matériel volé était destiné à la formation des futurs sauveteurs chargés de surveiller les plages de Oye-Plage, Wissant et Strouane, Wimereux, Boulogne-sur-Mer et Equihen en juillet et août. Des lieux de baignade actuellement inaccessibles en raison du confinement lié à l'épidémie de Covid-19.

"On n’a plus rien, ils nous ont tout piqués. Le Zodiac, ils n’en feront rien parce qu’il est plein de trous. Mais le matériel de sauvetage, c’est embêtant parce que nous ne pourrons pas former les jeunes pour surveiller les plages cet été", regrette dans le quotidien 20 Minutes Serge Carlot, le délégué régional de la SNSM, très en colère.

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La SNSM est une association financée à 80 % par des fonds privés et chargée de secourir toute personne en danger en mer et sur les côtes. En 2019, ses sauveteurs ont porté secours à 268 personnes dans le département du Pas-de-Calais, dont de nombreux migrants. Son équipe de nageurs sauveteurs de Calais, dont le matériel a été volé, est plus spécifiquement chargée de surveiller les plages. Elle a sauvé 89 personnes sur les plages du département l’an dernier.

 

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