Les enregistrements des demandes d'asile reprennent en Ile-de-France. Crédit : Reuters
Les enregistrements des demandes d'asile reprennent en Ile-de-France. Crédit : Reuters

Les enregistrements des demandes d'asile ont repris, mardi 5 mai, en Ile-de-France. Cependant, elles ne concernent pour l'instant que les personnes dites vulnérables, les différentes structures pour demandeurs d'asile n'ouvrant que progressivement.

"L'enregistrement de la demande d'asile reprend sur rendez-vous". C'est par un tweet que l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) a annoncé, mardi 5 mai, la reprise des enregistrements des demandes d'asile en région parisienne.

Ils avaient été suspendus mi-mars en raison du confinement imposé par les autorités pour lutter contre la pandémie de Covid-19. L'État avait alors complètement cessé de traiter ces dossiers, justifiant la fermeture des services dédiés en préfecture et dans les Guichets uniques pour demandeurs d'asile (Guda) par manque d'effectifs et les raisons sanitaires.

Décision du Conseil d'État

Un collectif d'associations avaient saisi le tribunal administratif de Paris, qui lui avait donné raison le 21 avril. Mais les autorités avaient contesté cette décision devant le Conseil d'État, qui s'est également prononcé le 30 avril en faveur des requérants.  

"Il est enjoint au ministre de l'Intérieur de rétablir en Ile-de-France, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance et dans les conditions sanitaires imposées par le Covid-19, l'enregistrement des demandes d'asile, en priorité de celles émanant des personnes présentant une vulnérabilité particulière", a écrit le juge des référés dans son ordonnance.

La plus haute juridiction administrative a également enjoint à l'Ofii de rétablir "le fonctionnement de sa plateforme téléphonique", qui délivre les rendez-vous pour le dépôt de dossier.

Priorité aux personnes vulnérables

"La plateforme a rouvert aujourd'hui", assure à InfoMigrants Didier Leschi, directeur général de l'Ofii. Or, lorsqu'on compose le numéro dédié, un répondeur indique toujours que "l'activité d'enregistrements des demandes d'asile est momentanément suspendue" en raison du confinement lié à la pandémie de coronavirus. 

InfoMigrants a reposé la question à Didier Leschi. "On recontacte ceux déjà passés par les Spada (structure de premier accueil des demandeurs d'asile en Ile-de-France), prioritairement les plus vulnérables, afin de les orienter vers les Guda, qui ouvriront demain", précise le directeur général de l'Ofii.  

>> À (re)lire : Titres de séjour, asile : les conséquences du coronavirus sur les démarches administratives

Les enregistrements des demandes d'asile ne concernent pour l'instant que les personnes dites vulnérables (femmes, familles, personnes avec un handicap, etc) qui avaient été reçues dans les Spada avant le confinement.

Celles-ci avaient déjà obtenu le fameux rendez-vous en Guda qui suit celui en Spada. Mais leur entretien avec le Guda avait été annulé en raison de la fermeture des structures pour demandeurs d'asile.

Ces migrants ont été hébergés dans les centres d'hébergement d'urgence ouverts peu après l'instauration du confinement, mais quelques uns sont restés à la rue, expliquent les associations.

Réouverture progressive

Selon Didier Leschi, 70 rendez-vous sont programmés pour demain, mercredi 6 mai, dans les Guda de la région parisienne. En temps normal, ils peuvent recevoir jusqu'à 300 personnes par jour.

Les Spada d'Ile-de-France, elles aussi, ne tourneront pas à plein régime. Celle de Paris, située dans le 18ème arrondissement et gérée par France terre d'asile (FTA), ne rouvrira pas ses portes avant lundi prochain, date du déconfinement en France, avec des effectifs réduits.

"Le 11 mai, nous accueillerons entre 13 et 20 personnes par jour, contre 80 auparavant", signale Pierre Henri, directeur général de FTA. "La réouverture ne peut se faire que progressivement. C'est tout le système qui va mettre du temps à reprendre", affirme-t-il.

 

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