L'Alan Kurdi a été saisi par les autorités italiennes. Crédit : Picture alliance
L'Alan Kurdi a été saisi par les autorités italiennes. Crédit : Picture alliance

Immobilisé à Palerme, le bateau de l'ONG allemande Sea-Eye a été saisi par l'Italie, qui lui reproche des "irrégularités". Une décision qui entraîne l'arrêt des sauvetages en mer Méditerranée jusqu'à la fin mai pour l'Alan Kurdi.

Le navire humanitaire Alan Kurdi, de l'ONG allemande Sea-Eye, a été saisi mardi 5 mai à Palerme, en Sicile, par les autorités italiennes. Les gardes-côtes italiens affirment avoir relevé plusieurs "irrégularités".

Ces irrégularités sont "de nature technique et opérationnelle”, elles risquent de “compromettre non seulement la sécurité de l'équipage, mais aussi celle des personnes qui ont été ou pourraient être secourues", précisent les gardes-côtes. Ils demandent à l’Allemagne d’intervenir pour s'assurer que le navire, battant pavillon allemand, respecte les lois maritimes et les lois internationales sur la gestion des déchets dans les transports.

Pour Sea-Eye, ces irrégularités sont pourtant "techniquement résolues". L’ONG a déclaré qu’elle collaborerait avec les autorités allemandes et italiennes.

Selon l’ONG cette décision reste "grotesque". Elle entraîne l’arrêt de ses activités de sauvetage pendant le reste du mois. 

L'Alan Kurdi désinfecté pour éviter toute contagion

La veille de cette saisie, l’équipage venait de débarquer à Palerme après avoir respecté 14 jours de quarantaine préventive, en raison de la pandémie de Covid-19. Il venait de passer 36 jours en mer.


Les 17 membres, qui ont été testés au coronavirus, n’avaient pas été autorisés à quitter le bateau avant les résultats des tests. Ils vont désormais devoir s’organiser pour regagner leur pays respectifs (Allemagne, Espagne, France et Autriche), rapporte Sea-Eye dans un communiqué.

>> À (re)lire : Plus de 300 migrants ont quitté les côtes nord-africaines en deux jours

Le navire, quant à lui, a été nettoyé scrupuleusement par l’équipage. “Une société italienne a désinfecté l’Alan Kurdi, conformément à des instructions officielles”, a précisé Sea-Eye.

Pas d'accord de répartition pour les migrants sauvés

Le dernier sauvetage du bateau affrété par l’ONG allemande date du 6 avril, à proximité des côtes libyennes. L’Alan Kurdi avait porté secours à quelques 150 migrants. Quatre des rescapés avaient été évacués pour raison médicale et le reste des naufragés avait rejoint le 17 avril, un navire italien en Sicile (le Rubattino) pour respecter une quarantaine de 14 jours.

Le Rubattino, a été autorisé à amarrer lundi 4 mai, mais le sort des migrants sauvés reste flou. L'Italie n'autorise plus les personnes secourues à débarquer en raison de la pandémie de Covid-19. La plupart d'entre eux seront transférés vers d’autres pays européens, mais aucun accord de relocalisation n'a été annoncé.

Jusqu'à présent, seule l'Allemagne a accepté d'accueillir une partie de ces réfugiés, d’après l'ONG Sea-Eye.

 

Et aussi