Les conditions de vie dans le centre de Fylakio sont épouvantables, selon les ONG. Crédit : Reuters
Les conditions de vie dans le centre de Fylakio sont épouvantables, selon les ONG. Crédit : Reuters

Des demandeurs d'asile ont manifesté mardi dans le centre de Fylakio, à la frontière greco-turque, pour réclamer l'accélération du traitement de leur dossier. Certains sont en effet détenus dans ce camp depuis plus de six mois, dans l'attente d'une réponse de leur demande.

La colère gronde dans le camp de migrants de Fylakio, à la frontière greco-turque, où vivent une centaine de personnes dont des mineurs non accompagnés. Des demandeurs d'asile ont manifesté mardi 12 mai dans le centre, mettant le feu à des matelas et jetant des pierres contre les policiers.

Plusieurs conteneurs dans lesquels ils vivaient ont ainsi été endommagés ainsi que d'autres installations du camp mais aucun blessé n'est à déplorer. Vingt-cinq migrants ont été interpellés par la police à l'issue de la protestation.

Certains demandeurs d'asile attendent depuis plus de six mois

La manifestation a eu lieu dans un contexte tendu. Les migrants hébergés à Fylakio y sont détenus le temps du traitement de leur demande d'asile. Or, certaines personnes attendent ainsi depuis plus de six mois l'examen de leur demande.

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La pandémie de coronavirus a aggravé les retards déjà existants dans le traitement des dossiers, les services d'asile fonctionnant au ralenti ces dernières semaines.

Athènes a été critiqué à plusieurs reprises par des ONG de défense des droits de migrants et réfugiés pour les défaillances chroniques de son système d'octroi d'asile et les conditions de vie épouvantables dans les camps de réfugiés surpeuplés.

Une nouvelle loi jugée "dangereuse" par les ONG

Un rapport du Conseil de l'Europe publié l'année dernière avait déjà alerté sur les conditions de vie des migrants dans les camps grecs, notamment dans celui de Fylakio. "Maintenir des personnes pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois dans des conditions aussi épouvantables est une violation de l'interdiction de mauvais traitement", avait insisté Mykola Gnatovskyy, président du Comité européen pour la prévention de la torture du Conseil de l'Europe.

Reste que le gouvernement conservateur du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a restreint la semaine dernière encore plus les droits des migrants dans le pays. Une loi adoptée vendredi 8 mai permet d'accélérer les procédures d'asile, la détention automatique des demandeurs d'asile dont les appels ont été rejetés et ceux soumis à des procédures de retour. 

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Un texte qui inquiète les ONG. "Forcer des groupes de personnes dans des espaces confinés et souvent surpeuplés n'est pas le comportement d'un gouvernement responsable au milieu de la pandémie de Covid-19", dénonce Amnesty International dans un communiqué. "Cette nouvelle loi n'est pas seulement dangereuse pour la santé des personnes détenues, elle va à l'encontre du droit international en vertu duquel la détention pour migrants ne doit être utilisée qu'en dernier recours", ajoute l'ONG.

 

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