Le militant de la Roya citoyenne Cédric Herrou. crédit : Mehdi Chebil
Le militant de la Roya citoyenne Cédric Herrou. crédit : Mehdi Chebil

L'agriculteur militant Cédric Herrou a été relaxé de "toutes les poursuites" à son encontre, mercredi, par la Cour d'appel de Lyon. Il était notamment poursuivi pour avoir favorisé "l'entrée illégale" de migrants en France.

"Je suis relaxé ! La solidarité n'est pas un délit et ne le sera jamais !" C'est avec ce cri du coeur publié sur sa page Facebook que le militant Cédric Herrou a annoncé sa victoire en justice, mercredi 13 mai. Le militant, symbole de l'aide citoyenne aux migrants, a été "renvoyé de toutes les poursuites" à son encontre par la Cour d'appel de Lyon. Celle-ci le rejugeait après une décision historique en 2018 du Conseil constitutionnel, validant le "principe de fraternité" et censurant partiellement le "délit de solidarité".

Le délibéré devait être rendu le 15 avril mais il avait été reporté en raison du confinement décrété en raison de la pandémie de coronavirus. Lors de l’audience, en mars, l’avocat général Fabrice Tremel avait requis huit à dix mois de prison avec sursis contre Cédric Herrou estimant qu'il avait "admis à plusieurs reprises" s'être adonné à l’aide à l’entrée illégale sur le territoire français. "Il a fait le choix d’être, au sens propre du terme, un hors-la-loi", avait-il déclaré, jugeant que Cédric Herrou "n’avait pas un but exclusivement humanitaire mais une revendication idéologique, militante".

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L'agriculteur avait saisi le Conseil constitutionnel après avoir été condamné en août 2017 à quatre mois de prison avec sursis par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence pour avoir transporté quelque 200 migrants jusque chez lui où il avait organisé son propre camp d’accueil.

Le 6 juillet 2018, les "Sages" consacraient le "principe de fraternité" estimant qu'une "une aide désintéressée aux migrants, qu’elle soit individuelle ou militante et organisée, ne doit pas être poursuivie". Ils ont, par conséquent, validé "la liberté d’aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national". En cassation, la Cour a annulé en décembre 2018 la condamnation de Cédric Herrou, renvoyant l’affaire devant la cour d’appel de Lyon.

 

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