La clôture grillagée à côté du village de Röszke, en Hongrie. Crédit : Reuters
La clôture grillagée à côté du village de Röszke, en Hongrie. Crédit : Reuters

Un proche du Premier ministre hongrois Viktor Orban a déclaré, mardi, que son pays rejetait un récent jugement de la Cour européenne de justice selon lequel il n'était pas légal de retenir des demandeurs d'asile dans des centres de transit à la frontière avec la Serbie.

"Le gouvernement hongrois n'accepte pas le jugement de la Cour européenne de justice (CJUE) concernant les zones de transit." Dans une déclaration laconique diffusée mardi 19 mai, Gyorgy Bakondi, un proche du Premier ministre hongrois Viktor Orban chargé des questions de sécurité, a balayé d'un revers de manche une décision rendue une semaine plus tôt par la justice européenne.

Celle-ci concerne les cas de deux Afghans et deux Iraniens arrivés en Hongrie depuis la Serbie, respectivement fin 2018 et début 2019. Les quatre hommes ont demandé l'asile depuis le centre de transit de Röszke situé à la frontière serbo-croate, mais leurs dossiers ont été rejetés par la Hongrie qui a ordonné leur expulsion vers la Serbie. Belgrade a alors refusé de reprendre ces ressortissants étrangers qui se sont retrouvés bloqués dans la zone de transit de Röszke.

>> À (re)lire : La CEDH demande à la Hongrie d’améliorer les conditions de vie des migrants dans les centres de transit

Depuis le pic de la crise migratoire en 2015, la Hongrie, dirigée par un gouvernement hostile à l'accueil de réfugiés, a érigé une clôture partiellement électrifiée tout le long de sa frontière avec la Serbie et de celle avec la Croatie. Stoppés par ces barrières, les migrants souhaitant entrer en Hongrie n'ont d'autre choix que de passer par l'une des deux "zones de transit" installées à la frontière, à Tompa et à Röszke : il s'agit de camps entourés de barbelés où leur demande d'asile est examinée.

La Hongrie compte contester le jugement de la CJUE

Dans sa décision rendue le 14 mai, la CJUE a estimé que "le placement [des quatre demandeurs d'asile] dans cette zone de transit devait être considéré comme une mesure de rétention", leurs conditions de vie "s'apparentant à une privation de liberté", notamment parce qu'ils "ne peuvent pas, légalement, quitter cette zone volontairement en quelque direction que ce soit", a expliqué l'institution dans un communiqué.

>> À (re)lire : La Hongrie retient illégalement des demandeurs d'asile en zone de transit, selon la Cour de justice de l'UE

Qu'à cela ne tienne, Gyorgy Bakondi rétorque que les zones de transit font partie de l'arsenal de protection des frontières hongroises. Il affirme également que les migrants actuellement bloqués sur la route migratoire des Balkans représentaient "une menace à la santé publique" en pleine pandémie de coronavirus.

Gyorgy Bakondi a ajouté que la Hongrie n'en resterait pas là et qu'elle ferait usage de tous les moyens légaux possible pour que le jugement de la CJUE soit revu. Interrogé sur ce point, un autre porte-parole du gouvernement n'a pas souhaité préciser la nature des mesures que Budapest compte prendre et s'est contenté de marteler que le jugement était inacceptable "du point de vue politique".

>> À (re)lire : Accueil des réfugiés : la Pologne, la Hongrie et la République tchèque ont enfreint le droit de l'UE

 

Et aussi