Des gardes se tiennent à l'entrée d'un camp dans une ''zone de transit'' à Tompa, en Hongrie, près de la frontière serbe. Crédit : Reuters
Des gardes se tiennent à l'entrée d'un camp dans une ''zone de transit'' à Tompa, en Hongrie, près de la frontière serbe. Crédit : Reuters

La Hongrie a annoncé jeudi qu'elle allait fermer les camps de migrants dans ses "zones de transit", se conformant ainsi à un récent arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne. Environ 300 personnes ont déjà été libérées, selon une ONG hongroise.

La Hongrie est finalement revenue sur sa position. Le chef de cabinet du Premier ministre, Gergely Gulyas, a annoncé, jeudi 21 mai, que le pays allait fermer les camps de migrants situés dans ses "zones de transit", alors que de tels lieux ont récemment été jugés illégaux par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE).

"La zone de transit était une solution qui protégeait les frontières de la Hongrie et la malencontreuse décision de la Cour de l'UE oblige la Hongrie à éliminer ces zones", a expliqué Gergely Gulyas, lors d'une conférence de presse. Il a indiqué que 280 personnes seraient transférées vers des centres d'accueil, sans préciser combien de temps elles y resteraient ni ce qu'il adviendrait d'elles, ajoutant que les demandes d'asile "ne peuvent être soumises qu'aux seules ambassades, hors du pays".

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L'annonce de ces fermetures fait suite à une décision de la CJUE rendue le 14 mai. La Cour européenne avait exigé la libération des demandeurs d'asile hébergés dans des camp hongrois de la "zone de transit" de Röszke, à la frontière avec la Serbie, estimant qu'ils y étaient "retenus sans motif valable". Selon la Cour, les demandeurs d'asile ne peuvent être détenus dans des camps sans que leurs demandes soient étudiées de manière individuelle et ils ne peuvent être retenus plus de quatre semaines.

La CJUE avait été saisie par des migrants iraniens et afghans, détenus depuis plus d'un an dans un camp de cette "zone de transit" après le rejet de leur demande d'asile en Hongrie. Budapest avait ordonné leur renvoi vers la Serbie, mais celle-ci avait refusé d'autoriser leur retour sur son territoire.

"Durant la nuit, les autorités ont relâché tous ceux détenus illégalement''

Le gouvernement hongrois, avait dans un premier temps, rejeté ce jugement, estimant que ces zones étaient utiles pour contenir les migrants qui représentent "une menace à la santé publique" du pays.

Selon le Comité d'Helsinki hongrois (HHC), une ONG qui a représenté les demandeurs devant la CJUE, les conséquences de la décision de Budapest n'ont pas traîné. Jeudi, tous les détenus des zones de transit avaient déjà été transférés, affirme cette organisation.

"Durant la nuit, les autorités ont relâché tous ceux - environ 300 personnes, de nombreuses familles avec de jeunes enfants - détenus illégalement dans les zones de transit et les ont transférés dans des lieux ouverts ou semi-ouverts", a indiqué le HHC sur Twitter, saluant "un premier pas vers l'exécution totale de la décision" en attendant que ces personnes aient "l'opportunité de voir leur demande d'asile examinée". 

"Ces gens n'ont pas reçu une protection du jour au lendemain. Ils ont simplement été libérés d'une détention illégale et la procédure reste la même, mais dans des lieux ouverts et semi-ouverts", a souligné Andras Lederer, du HHC, à l'AFP.

Depuis le pic de la crise migratoire en 2015, la Hongrie, dirigée par un gouvernement hostile à l'accueil de réfugiés, a érigé une clôture partiellement électrifiée. Stoppés par ces barrières, les migrants souhaitant entrer en Hongrie n'ont d'autre choix que de passer par l'une des deux "zones de transit" à Tompa et à Röszke. Ces camps ont été qualifiés d'inhumains par les organisations de défense des droits de l'Homme : les migrants y sont détenus dans des conteneurs, derrière des clôtures de fil barbelé.


 

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