Les vols charter vers l'Afghanistan sont suspendus jusqu'à nouvel ordre | Photo: Picture-alliance/dpa/M.Kappeler
Les vols charter vers l'Afghanistan sont suspendus jusqu'à nouvel ordre | Photo: Picture-alliance/dpa/M.Kappeler

Les autorités allemandes ont expulsé plus de 4 000 personnes vers leurs pays d'origine ou d’autres pays de l'UE au premier trimestre. Cela représente une baisse de 27 % par rapport à la même période de l’année dernière.

Selon les chiffres transmis par le gouvernement allemand en réponse à une question au Parlement, 4 088 personnes ont été expulsée par l’Allemagne entre janvier et mars de cette année. La plupart ont été renvoyés en Italie, en France, en Serbie, en Albanie et en Géorgie, selon le journal Neue Osnabrücker Zeitung, qui s’est procuré le document des autorités.

Comparé à la même période de l’année 2019, ce chiffre représente 1 525 expulsions en moins, soit une baisse de 25 %. À cause de la pandémie de coronavirus, la plupart des expulsions prévues par vols charters au mois de mars ont été annulées. Comme le note l’agence de presse KNA, les pays d’origine des personnes expulsées avaient fermé leurs frontières ou suspendu les liaisons aériennes.

Les expulsions sur des vols réguliers ont également connu une baisse significative. Néanmoins, les régions et l'État fédéral allemand ont tenté de mener autant d’expulsions que possible, d’après l’article du Neue Osnabrücker Zeitung.

Critiques d'extrême gauche

Le ministère allemand de l’Intérieur a en effet depuis le début de la crise sanitaire écarté l’idée d’une suspension générale des expulsions. Cette décision est vivement critiquée par le parti d’extrême gauche Die Linke, qui a été à l’origine de la question posée au Parlement pour obtenir ces nouvelles statistiques. Pour la députée Ulla Jelpke, "dans beaucoup de pays d’origine ou de transit, les réfugiés ne sont pas seulement victimes de persécution, de guerre et d’un manque de perspective : les systèmes de santé aussi n’y fonctionnent pas."

Dans une interview accordée à Neue Osnabrücker Zeitung, Ulla Jelpke estime que les expulsions en Allemagne vont à nouveau augmenter dès que les restrictions de déplacement seront assouplies et que davantage de pays rouvriront leurs frontières. La députée de Die Linke appelle à une interdiction pure et simple des expulsions au niveau national. 

Les "transferts Dublin" suspendus

Début avril, le gouvernement allemand avait annoncé la suspension pour une durée indéterminée des expulsions vers l’Afghanistan, suite à une demande des autorités de Kaboul.

Depuis fin février, l’Allemagne a aussi officiellement gelé les renvois de migrants vers l’Italie dans le cadre du règlement de Dublin. Fin mars, Berlin avait ensuite suspendu jusqu’à nouvel ordre tous les "transferts Dublin" vers d’autres pays de l’UE ainsi que vers l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein.

Par ailleurs, l'Office allemand pour les migrations et les réfugiés a tenu à préciser que la suspension des "transferts Dublin" ne serait que temporaire et ne devait pas inciter les États adhérant à ce règlement de ne plus prendre leurs responsabilités en matière de droit d’asile. 

Avec dpa, KNA

 

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