L'Europa II, l'un des bateaux du croisiériste Captain Morgan, sur lequel sont retenus les migrants sauvés par Malte. Crédits : DR / Ian Greenwood (Archive)
L'Europa II, l'un des bateaux du croisiériste Captain Morgan, sur lequel sont retenus les migrants sauvés par Malte. Crédits : DR / Ian Greenwood (Archive)

Les 140 migrants, sauvés de la noyade par les autorités maltaises vendredi, ont été immédiatement transférés au large de l'île sur un bateau de croisière. Sur place se trouvent déjà 160 personnes coincées sur deux navires de tourisme. Malte refuse de les laisser débarquer sans un accord de répartition européen.

Un groupe de 140 migrants a été sauvé par des patrouilleurs maltais, vendredi 22 mai, au petit matin. Leur canot pneumatique, à la dérive, était en train de couler. Malte leur ai venu en aide mais refuse de les ramener à terre.

Parmi les rescapés, seul un groupe de 19 personnes, dont des familles avec enfants, et des femmes enceintes, ont été amenés sur l’île pour des raisons humanitaires.

Les autres ont été transférés vers un bateau de croisière au large de l’île, aux côtés de 160 autres autres migrants, retenus sur deux navires de tourisme de la compagnie Captain Morgan depuis plus de deux semaines.

D’après Malta Today, les migrants sauvés vendredi ont rejoint un troisième bateau de cette compagnie de croisière locale, ce qui porte au total le nombre de migrants retenus au large de l’île à 300 personnes, réparties sur trois navires touristiques : l’Europa II, l’Atlantis et le Bahari.

Dégradation des conditions psychologiques

En pleine pandémie de coronavirus, La Valette avait évoqué dans un premier temps la nécessité de maintenir ces 160 personnes en quarantaine sur les bateaux de Captain Morgan. Mais la quatorzaine passée, les autorités refusent toujours de les laisser débarquer, malgré la dégradation de leur état psychologique.

L’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) et le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) avaient dénoncé vendredi, avant même l’arrivée de 140 nouveaux migrants, les conditions sanitaires sur ces navires de croisières inadaptés “pour accueillir des personnes ayant besoin d'une aide humanitaire". Le HCR avait réclamé une “mise en sécurité à terre”.

>> À lire : L'ONU demande à Malte de laisser débarquer 160 migrants bloqués au large et appelle l'UE à l'aide

Le débarquement des migrants dépendra de l’aide européenne

Pour sa part, le gouvernement maltais reste ferme. Il a déclaré qu’il ne laisserait plus aucun migrant débarquer sur l’île tant que les autres pays de l'Union européenne ne tiendront pas leurs promesses d’accueillir des personnes sauvées par Malte.

Le plus petit État européen abrite déjà deux fois plus de migrants que la capacité de ses centres d’hébergement ne le permet, a fait valoir jeudi le ministre des affaires étrangères Evarist Bartolo.

>> À lire : Malnutrition, vétusté et violences policières : le quotidien infernal des migrants du centre de Hal Far à Malte

"Nous voulons protéger les droits des personnes en quête de protection, mais nous ne pouvons pas faire plus. On nous laisse seuls. Les mots de sympathie ne suffisent pas, nous avons besoin d'une aide pratique", a-t-il ajouté en se référant à l'UE.

Depuis 2005, Malte est dépassée par le nombre d’arrivées de migrants partis notamment de Libye, qui a augmenté de plus de 400 % en 2020 par rapport à l’an dernier. Or, sur les 3 405 personnes débarquées sur l'île en 2019, 2 795 sont toujours sur place, d’après les chiffres officiels. Seuls 8 % d'entre elles ont été transférées vers d'autres pays de l'Union européenne.

 

Et aussi