ìmage d'archives de migrants interceptés en mer par des garde-côtes libyens. Crédit : Picture alliance
ìmage d'archives de migrants interceptés en mer par des garde-côtes libyens. Crédit : Picture alliance

En seulement 48 heures, environ 400 migrants ont été interceptés en mer Méditerranée et renvoyés en Libye. Les organisations internationales et les ONG s'inquiètent de l'augmentation des départs et redoutent des naufrages alors qu'aucun navire humanitaire n'est présent au large des côtes libyennes.

"Au moins cinq bateaux transportant près de 400 personnes ont tenté de fuir la Libye en 48 heures", a indiqué lundi 25 mai sur Twitter Safa Msehli, porte-parole de l'Organisation internationale des migrations (OIM).

Ces migrants ont été interceptés par les garde-côtes libyens et envoyés au centre de détention de Zawiya, à l'est de Tripoli.

Deux personnes ont par ailleurs été retrouvées mortes à bord d'un de ces cinq canots.

Quelques heures plus tard, environ 90 autres migrants ont été secourus par un navire commercial et renvoyés en Libye dans la soirée. Ils étaient encore mardi à bord du bateau de marchandises au large des côtes libyennes, en attente d'un débarquement.

L'OIM observe une augmentation des départs de migrants depuis la Libye ces derniers jours. "L'instabilité, les conflits et la détérioration de la situation humanitaire" peuvent expliquer cette hausse, précise Safa Msehli, contactée par InfoMigrants.

Crainte des naufrages "invisibles"

Cet exode massif des derniers jours inquiète d'autant plus les organisations internationales qu'aucun navire humanitaire n'est présent en mer Méditerranée. "Nous sommes extrêmement préoccupés par le risque que des épaves et des bateaux invisibles disparaissent sans laisser de trace, en particulier au milieu d'une forte diminution des capacités de recherche et de sauvetage dirigées par les États et par les ONG", ajoute Safa Msehli.

Pour le représentant du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) pour la Méditerranée centrale, Vincent Cochetel, joint par InfoMigrants, les récents départs prouvent que "les ONG de secours en mer ne sont pas complices des passeurs comme on l'a souvent entendu en Europe". "On voit bien en ce moment que malgré l'absence de navires humanitaires, les départs depuis la Libye continuent", poursuit-il.

SOS Méditerranée, qui affrète l'Ocean Viking, juge sur Twitter que la "situation de ceux qui cherchent à se mettre en sécurité en traversant la Méditerranée centrale sur des bateaux impropres à la navigation est alarmante". L'ONG réitère sa demande aux gouvernements "à faire preuve de solidarité, à respecter les conventions SAR (Search and Rescue), le droit maritime international et les droits humains fondamentaux".

De son côté, l'OIM appelle une nouvelle fois "l'Union européenne à mettre en place une alternative sûre et rapide aux retours en Libye". Selon Safa Msehli, "les personnes secourues en mer doivent être emmenées dans un port sûr, et la Libye, ne peut, par aucun effort d'imagination, être considéré comme tel".

 

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