Matteo Salvini est accusé de séquestration de migrants. Crédit : Reuters
Matteo Salvini est accusé de séquestration de migrants. Crédit : Reuters

Une commission du Sénat italien s'est opposée mardi à un renvoi en justice de l'ancien ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini. Le chef de la Ligue, parti d'extrême droite, est accusé par un tribunal sicilien de séquestration de migrants pour avoir refusé le débarquement en Italie de 80 personnes secourues par un navire humanitaire en août 2019.

"C'est une belle nouvelle dans une période où je subis beaucoup d'attaques". Le chef du parti d'extrême droite la Ligue, Matteo Salvini, s'est réjoui mardi 26 mai de l'opposition d'un renvoi en justice par une commission du Sénat.

Cette commission est chargée d'élaborer une position - pour ou contre le renvoi en justice - et de la présenter au Sénat, auquel revient la décision finale au cours d'une séance plénière dont la date reste à fixer.

Matteo Salvini est accusé par le tribunal de Palerme, en Sicile, de séquestration de migrants. En août 2019, alors qu'il était ministre de l'Intérieur, il avait refusé d'autoriser le débarquement de plus de 80 personnes secourues en mer par l'Open Arms. Certains se trouvaient à bord du navire humanitaire, bloqué au large de la Sicile, depuis 19 jours.

"Un signal préoccupant"

"Le vote de la commission est un signal préoccupant auquel on ne s'attendait pas. Aujourd'hui plus que jamais, il est nécessaire de réitérer qu'il y a des droits inaliénables qui ne peuvent être discutés, et le premier d'entre eux est le droit à la vie", a réagi Open Arms dans un communiqué.

Dans une affaire similaire concernant le Gregoretti, un navire des garde-côtes italiens, le Sénat, en séance plénière, avait renvoyé en février Matteo Salvini devant la justice.

Un tribunal de Catane, en Sicile, avait accusé l'ancien ministre de l'Intérieur "d'abus de pouvoir et de séquestration de personnes" pour avoir bloqué en juillet durant plusieurs jours 116 migrants à bord du Gregoretti.

Dans ces deux dossiers, la Ligue avait tenté de se dédouaner en affirmant que le blocage des navires était une décision collective du gouvernement, et donc également de la responsabilité du Premier ministre Giuseppe Conte.

Mais cette stratégie n'a pas convaincu la majorité des collègues sénateurs de Matteo Salvini, car ce dernier avait fait adopter en juin 2019 une loi renforçant ses pouvoirs et prévoyant que le ministre de l'Intérieur puisse "limiter et interdire l'entrée, le transit ou l'arrêt des navires dans les eaux territoriales pour des motifs d'ordre et de sécurité publiques".

 

Et aussi