Le poste frontière de Pazarkule à la frontière entre la Turquie et la Grèce, le 2 mars 2020. Crédit : Huseyin Aldemir / Reuters
Le poste frontière de Pazarkule à la frontière entre la Turquie et la Grèce, le 2 mars 2020. Crédit : Huseyin Aldemir / Reuters

Athènes craint un retour à la situation de mi-février, lorsque des milliers de migrants, encouragés par Ankara, ont convergé vers la frontière gréco-turque. Pour faire face, elle a renforcé ses patrouilles, avec l'appui de Frontex, et prévoit l'érection d'une clôture barbelée sur plus de 12 km.

De nouvelles déclarations des autorités turques font craindre à la Grèce un retour massif de migrants à la frontière gréco-turque. Fin février, la Turquie avait volontairement laissé passer des milliers de personnes jusqu’aux portes de la Grèce, provoquant sur place une crise humanitaire émaillées de violences.

"En raison de la pandémie, le mouvement des migrants s'est ralenti. Mais ils voudront certainement partir une fois l'épidémie terminée", a déclaré, dimanche 24 mai, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu. En mars, c’est le ministre turc de l'intérieur, Süleyman Soylu, qui avait prévenu Athènes : "Quand cette épidémie sera terminée, nous n'empêcherons pas ceux qui le souhaitent de partir", avait-il annoncé.

Patrouilles et clôture barbelées

Pour empêcher que le scénario ne se répète, la Grèce envisage d'ériger une clôture surmontée de barbelés à lames sur environ 12 kilomètres le long de la frontière. Des patrouilles anti-émeute et des militaires ont également été déployés le long de la frontière terrestre. "Par précaution", Athènes a annoncé mercredi 27 mai, l'envoi de 400 policiers supplémentaires en renfort le long du fleuve Evros, point de passage des migrants vers la Grèce.

En mer, des navires militaires et des garde-côtes effectuent des patrouilles 24 heures sur 24 au large des côtes turques pour dissuader les traversées. Frontex, l'agence européenne de protection des frontières, qui participe à ses patrouilles, a détaché 262 agents pour renforcer la surveillance autour du fleuve Evros. 

Dans un document interne consulté par le journal allemand Die Welt, l'organe européen prédit un mouvement massif de personnes vers la frontière gréco-turque et les rivages opposés aux îles périphériques de la mer Égée, une fois les mesures de confinement levées en Turquie.

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De nouvelles traversées vers Lesbos

Côté turc, la frontière avec la Grèce est théoriquement fermée depuis la mi-mars par mesure de précaution contre le nouveau coronavirus et les autorités ont ordonné l’évacuation des migrants qui se trouvaient dans le secteur du fleuve Evros.

Mais dans les faits, les arrivées en Grèce par voie maritime n’ont pas cessé. Fin avril, Athènes affirmait avoir contrecarré une tentative des gardes-côtes turcs d'escorter une embarcation de migrants vers l'île de Lesbos.

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La semaine dernière, les autorités grecques ont signalé le débarquement à Lesbos de plusieurs bateaux transportant des migrants, y compris des femmes et des enfants, rapporte le Guardian.

 

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