Des migrants à la frontière turco-grecque (archives). Crédit : Picture alliance
Des migrants à la frontière turco-grecque (archives). Crédit : Picture alliance

Renforcement du contrôle des frontières, distinction entre réfugié et migrant économique, centre pour migrants avec accès contrôlé... Le ministre grec des Migrations et de l'Asile a annoncé une série de mesures visant à lutter contre les "migrants illégaux".

La Grèce a décidé de renforcer une nouvelle fois son arsenal de lutte contre les "migrants illégaux". Le ministre des Migrations et de l'Asile, Notis Mitarachi, a dévoilé un plan "en trois étapes" lors d'un entretien avec la chaîne de télévision CNN Grèce.

En premier lieu, le contrôle des frontières reste la priorité du gouvernement. "Au cours du dernier trimestre, les flux ont été réduits de plus de 90% grâce aux efforts des forces armées, de la police et des garde-côtes", a assuré Notis Mitarachi. "Dans une certaine mesure, bien sûr, (le flux d'arrivées) a été influencé par la pandémie (de coronavirus) dans le pays voisin, mais c'est surtout (grâce) à la détermination de notre pays."

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"Notre pays n'est pas un vignoble ouvert, a-t-il encore déclaré. Nous protégeons nos frontières terrestres et maritimes et nous continuerons de le faire même maintenant que les frontières rouvrent lentement."

Athènes est régulièrement accusée par les ONG de renvoyer illégalement vers la Turquie des migrants qui tentent d'entrer en Grèce par les voies maritime et terrestre. Mi-mai, InfoMigrants avait d'ailleurs reçu le témoignage d'un Congolais allant dans ce sens. Dans une vidéo qu'il avait tournée en pleine mer Egée, on pouvait voir un navire des garde-côtes grecs tenter de repousser son embarcation vers les côtes turques.

Mardi 2 juin, l'un de ces push-backs aurait eu une conséquence dramatique : selon des militants, un migrant serait décédé suite à l'explosion du moteur de l'embarcation sur laquelle il se trouvait. Le bateau avait été repoussé par les Grecs alors qu'il essayait d'atteindre l'île de Samos.

La deuxième étape voulue par Notis Mitarachi consiste à "séparer les vrais réfugiés des migrants économiques" en accélérant le traitement des demandes d'asile. "Le nombre de décisions en matière d'asile ont triplé ce trimestre", s'est-il félicité.

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Le ministre prévoit enfin de rendre les structures recevant des migrants "plus petites (...) et plus sûres avec des mesures de sécurité et des contrôles d'accès". Le centre de Malakasa, à une trentaine de kilomètres d'Athènes, sera, dans les semaines à venir, le premier site à accès contrôlé en Grèce continentale.

Un projet de construction de centres fermés sur les îles grecques avait déjà été mentionné par les autorités fin 2019. Mais face aux réticences des gouverneurs et des habitants, l'idée avait finalement été abandonnée.

 

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