Image d'archives de migrants travaillant dans des domaines agricoles italiens. Crédit : Picture alliance
Image d'archives de migrants travaillant dans des domaines agricoles italiens. Crédit : Picture alliance

Quatorze exploitations agricoles ont été saisies et 60 personnes ont été interpellées mercredi après une opération d'ampleur menée par la police italienne dans la péninsule. Les accusés sont soupçonnés d'appartenir à des groupes criminels organisés qui exploitaient des migrants africains.

Les autorités italiennes ont mené mercredi 10 juin une opération d'ampleur dans 14 exploitations agricoles afin de combattre l'exploitation de travailleurs dans les champs, dont beaucoup sont des migrants illégaux.

L'opération, qui a mobilisé 300 membres des forces de l'ordre, s'est déroulée au petit matin dans les provinces de Consenza (région Calabre) et Matera (région Basilicate), a précisé la police italienne dans un communiqué.

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Soixante personnes ont ainsi été interpellées et les 14 exploitations saisies. Elles sont soupçonnées de faire partie de groupes criminels organisés, se livrant à l'exploitation illégale de travailleurs et à l'aide à l'immigration clandestine, a ajouté la police.

Chaque été, des milliers d'ouvriers agricoles africains, mais aussi bulgares et roumains, viennent dans la péninsule pour récolter fruits et légumes. Souvent payés un salaire de misère et vivant parfois dans des camps aux conditions d'hygiène déplorables, beaucoup sont exploités par des organisations mafieuses.

Régularisation des migrants travaillant dans l'agriculture

Le gouvernement italien a décidé cet été de régulariser temporairement les migrants travaillant dans les domaines de l'agriculture, afin de lutter notamment contre ces pratiques ("caporalato" en italien) et assurer une couverture santé aux saisonniers.

Les employeurs doivent déposer une demande de régularisation en payant une contribution forfaitaire de 500 euros ou bien les étrangers dont le titre de séjour est arrivé à échéance peuvent de leur côté demander un titre temporaire.

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Cette possibilité, offerte du 1er juin au 15 juillet, également pour le personnel de maison s'occupant notamment de personnes âgées, a rencontré pour l'instant peu de succès, avec seulement 9 500 demandes car les employeurs ne veulent pas payer, indique le journal La Repubblica, notant que la population ciblée est estimée à 220 000 travailleurs.

Pour la ministre des politiques agricoles, Teresa Bellanova, qui s'est battue pour la mesure en mettant sa démission dans la balance, il ne s'agit pas d'un "flop". "Cette norme contient des conditions de justice sociale : quel que soit le résultat, ça ne sera jamais un flop. Même s'il n'y avait qu'une seule personne arrachée à l'invisibilité et à des conditions de travail obscènes, je le considérerais comme un succès", a-t-elle souligné dans un entretien au journal.

 

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