Des dizaines de migrants sont retenus "illégalement" dans un centre de la banlieue de Tunis. Crédit : DR
Des dizaines de migrants sont retenus "illégalement" dans un centre de la banlieue de Tunis. Crédit : DR

Plusieurs ONG tunisiennes et internationales alertent sur la situation de dizaines de migrants retenus "illégalement" dans un centre de la banlieue de Tunis. Plusieurs détenus ont saisi la justice afin que cesse cette "détention arbitraire"

Un groupe de migrants est détenu "depuis des semaines" dans "un centre de détention illégal" dans la banlieue de Tunis, ont dénoncé des ONG internationales et tunisiennes dans un communiqué publié le 5 juin.

Le centre El Ouardia, géré par le ministère de l'Intérieur, est présenté par les autorités comme un centre d'hébergement. Mais selon les ONG, cette structure fonctionne en réalité comme un centre de rétention. Or, "en Tunisie, aucun texte de loi en vigueur ne permet de soumettre des migrants à une forme de détention administrative", rappellent les militants.

Détention arbitraire

"Les migrants ne peuvent pas sortir du centre, certains y sont retenus depuis des semaines, voire des mois", explique à InfoMigrants Zeineb Mrouki, de l'ONG Avocats sans frontières. "Ils y sont détenus de manière arbitraire, sans cadre légal et au mépris de leurs droits fondamentaux", assure-t-elle.

Les militants disent avoir très peu d'informations sur ce centre. "Tout est flou. Comment les migrants arrivent dans cette structure ? Combien sont-ils ? Quelles sont leurs conditions de vie ?", s'interroge Zeineb Mrouki. "On pense qu'ils sont une trentaine mais nous n'avons pas la confirmation car les ONG ne peuvent pas y accéder".

Action en justice

Selon les témoignages recueillis par les associations, les migrants ne peuvent être libérés de la structure que s'ils regagnent leur pays d'origine, par leurs propres moyens. "On leur demande de payer eux-mêmes leur billet d'avion retour. S'ils ne peuvent pas, ils ne sortent pas", continue la représentante d'Avocats sans frontières. Certains migrants ont déclaré aux associations qu'ils avaient réussi à sortir du centre en échange de pot-de-vin remis aux gardiens du site.

>> À (re)lire : En Tunisie, des centres d'accueil saturés face à l'afflux de migrants

Ainsi, "avec l'assistance d'un groupe d'avocats, plusieurs détenus" ont saisi "le tribunal administratif de Tunis afin qu'il joue son rôle de garant des droits et ordonne, sans délai, la cessation de la détention arbitraire", ont indiqué les ONG.

Fin avril, dix-sept ONG internationales et locales dont la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'Homme, avaient déjà dénoncé l'existence de ce centre et réclamé la "libération" des migrants.

Contacté par l'AFP, le porte-parole du ministère de l'Intérieur Khaled Hayouni s'est refusé à tout commentaire.

 

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