Le Mare Jonio était jeudi au large de la Libye. Crédit : Ansa
Le Mare Jonio était jeudi au large de la Libye. Crédit : Ansa

Le navire humanitaire de l'ONG italienne Mediterranea Saving Humans a rejoint jeudi le Sea Watch 3 au large des côtes libyennes pour porter secours à des embarcations de migrants en détresse en mer Méditerranée.

Après le Sea Watch 3, c'est au tour du Mare Jonio de reprendre la mer en direction de la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone).

Parti dans la soirée du mardi 9 juin du port de Trapani, en Sicile, le navire humanitaire de l'ONG Mediterranea Saving Humans se trouvait déjà jeudi au large des côtes libyennes.

"Nous retournons en mer dans un scénario méditerranéen de plus en plus inquiétant où les gouvernements européens revendiquent désormais leur connivence avec les milices d'un pays en guerre, la Libye, foulant en connaissance de cause les droits fondamentaux et les vies humaines", a affirmé mercredi Alessandra Sciurba, présidente de l'ONG italienne.

"On laisse mourir en silence des réfugiés de guerre et des victimes de tortures. Ou ils sont capturés avec la complicité des gouvernements européens pour être ramenés dans les camps de détention libyens", a ajouté Mediterranea Saving Humans dans un communiqué.

Augmentation de 290% des départs depuis la Libye

Le Sea Watch 3, de l'ONG allemande éponyme, est également présent au large de la Libye après son départ samedi 6 juin du port sicilien de Messine. À la suite du débarquement de 200 migrants en Italie fin février, le navire humanitaire allemand était resté bloqué dans le port italien en raison des mesures sanitaires liées au Covid-19. Son retour au large, comme celui du Mare Jonio, est désormais rendu possible grâce aux mesures de déconfinement prises par les différentes autorités européennes.

Depuis début avril, toute opération de sauvetage avait en effet cessé et deux bateaux humanitaires - l'Aita Mari et l'Alan Kurdi - qui avaient poursuivi leurs interventions malgré la mise à l'arrêt de l'Europe en raison de l'épidémie de coronavirus, avaient été immobilisés par les garde-côtes italiens pour des raisons "techniques".

>> À (re)lire : Sea Watch : "Nous ne devrions même pas exister"

Citant des sources au sein des "services de renseignement", le quotidien italien Corriere della Sera a assuré lundi que 20 000 personnes sont prêtes à entreprendre la traversée de la Méditerranée depuis les côtes libyennes.

Les départs de Libye ont augmenté de 290%, soit 6 629 tentatives entre janvier et fin avril, comparé à la même période l'an dernier, et de 156% au départ de la Tunisie, selon le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés.

 

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