Près de 50 migrants marocains ont débarqué au Portugal ces six derniers mois (image d'illustration). Crédit : Reuters
Près de 50 migrants marocains ont débarqué au Portugal ces six derniers mois (image d'illustration). Crédit : Reuters

En six mois, le Portugal a vu arriver près de 50 migrants sur son sol. Si le chiffre est encore faible, les autorités redoutent un changement d'itinéraire pour ces migrants qui passaient jusque-là par l'Espagne pour rejoindre l'Europe. Hassan Ammari, chercheur marocain sur les migrations, affirme que les contrôles dans le nord du Maroc ont poussé les migrants à trouver d'autres itinéraires.

Une nouvelle route migratoire est-elle en train de s'ouvrir depuis les côtes ouest-marocaines vers le sud du Portugal ? C'est en tout cas ce que redoutent les autorités portugaises qui voient arriver de plus en plus de Marocains dans le pays.

Ces six derniers mois, 48 migrants ont débarqué dans la région de l'Algarve, dont 22 lundi 15 juin après avoir été interceptés en mer au large des côtes portugaises. Trois autres embarcations transportant au total 26 personnes ont également atteint le Portugal le 11 décembre, le 29 janvier et le 6 juin, a indiqué à l'AFP une porte-parole du service des étrangers et des frontières (SEF).

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Ces migrants, âgés entre 20 et 30 ans, se disent tous originaires de la région d'El Jadida, ville située sur la côte ouest du royaume chérifien.

Pour rejoindre l'Europe depuis le Maroc, les migrants empruntent généralement la route "classique", et partent des côtes du nord vers le sud de l'Espagne ou les enclaves de Ceuta et Melilla.

Les autorités se disent "attentives" à la situation

Mais pour Hassan Ammari, chercheur marocain sur les migrations, ce changement de route n'a rien d'étonnant. "Les contrôles dans le nord du Maroc se sont renforcés ces dernières années et ont poussé les migrants à trouver d'autres itinéraires comme ceux passant par les Canaries ou le Portugal", explique-t-il. "Comme toujours, quand on bloque une route, une autre s'ouvre ailleurs. Les réseaux s'adaptent", continue le spécialiste qui prédit une augmentation des départs dans cette zone.

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Le confinement imposé au Maroc pour lutter contre la pandémie de coronavirus a en effet aggravé la situation économique des jeunes, signale encore Hassan Ammari.

En décembre dernier, l'amiral Antonio Silva Ribeiro, chef d'état-major des armées, avait affirmé dans des médias locaux que le Portugal était "très attentif" à la possibilité que le pays devienne une porte d'entrée pour les migrants désireux de rejoindre l'Europe. "Nous devons être conscients de cette possibilité car ce n'est pas très différent d'aller en Espagne ou d'aller en Algarve, c'est juste une question de choix", avait-il déclaré à l'époque.

 

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