Des réfugiés assistent à un cours de langue | Photo: Picture-alliance/dpa/H.Kaiser
Des réfugiés assistent à un cours de langue | Photo: Picture-alliance/dpa/H.Kaiser

En Allemagne, près de la moitié de ceux qui passent pour la première fois leur cours d’intégration échouent à l'épreuve d’allemand. Participer à ce cours d’intégration peut être obligatoire pour bénéficier de certains services sociaux.

D’après le quotidien allemand Neue Osnabrücker Zeitung, près de la moitié des personnes qui participent pour la première fois aux cours d’intégration en Allemagne échouent lors de leur test d’allemand final ("Deutschtest für Zuwanderer", ou DTZ). 

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Le journal régional explique que sur les quelque 135 000 participants au DTZ en 2019, 62 000 n’ont pas obtenu le niveau B1 en allemand, qui est le niveau requis pour valider le cours d’intégration. Ce cours est notamment obligatoire pour les immigrés qui ne justifient pas d’une connaissance suffisante de l’allemand. 

Ce taux d’échec à la première participation est certes en légère baisse par rapport à l’année précédente, passant de 51,5 % à 45,7 %. Mais dans le même temps, explique le journal, parmi les immigrés qui repassent le cours d’intégration une deuxième fois, la part de ceux qui n’atteignent pas le niveau B1 est en augmentation constante. Près de 78% des 82 000 participants ont échoué à l'épreuve d'allemand lors de leur seconde tentative en 2019. En 2018, ce taux était de près de 73 %, en 2017 d’environ 66 %.

Pour compléter son cours d’intégration en Allemagne, les migrants et réfugiés doivent passer un examen final composé du DTZ et du test "La vie en Allemagne". Pour réussir à l'épreuve d'allemand il faut atteindre un niveau B1 en allemand. Si une personne ne se rend pas aux cours ou à l’examen, il peut se voir retirer des aides sociales. En revanche, un échec à l’examen n’est pas sanctionné.

Selon le ministère de l’Intérieur, le cours de langue comprend 600 unités d’enseignement de 45 minutes. Chaque cours couvre les "aspects importants de la vie quotidienne", dont le marché du travail, l’éducation des enfants, les passe-temps, la vie en société et le paysage médiatique du pays. Le niveau B1 atteste qu’une personne a la capacité à décrire des expériences et des événements avec des phrases simples, à exprimer des opinions et à écrire des lettres.

Critiques de l’extrême-droite

Le député du parti d'extrême-droite, l’AfD, René Springer n’a pas manqué de commenter ces chiffres pour affirmer qu’ils étaient la preuve que "beaucoup de migrants" n’avaient pas la "culture d’apprendre nécessaire" ou "la volonté de s’intégrer".

Un porte-parole du ministère de l’Intérieur a de son côté insisté sur le fait que beaucoup d’immigrés ont d’abord dû suivre un cours d’alphabétisation avant même de se lancer dans le cours d’intégration. Pour ces personnes, compléter le cours avec un niveau d’allemand A2 - inférieur au niveau B1- serait déjà la preuve qu’elles ont "réussi et atteint un objectif". 

Le porte-parole a aussi dressé une liste de mesures visant à améliorer les résultats, comme par exemple des formations supplémentaires pour le corps enseignant, une assistance sociale renforcée ou encore des services de baby-sitting pour les participants.

Mi-mai, l’Office allemand pour la migration et les réfugiés (BAMF) a affirmé avoir dépensé quelque 40 millions d’euros pour développer du contenu numérique et compenser l’interruption des cours due à la pandémie de coronavirus.

D’après le BAMF, près de 250 000 migrants en Allemagne n’ont pas pu suivre de cours pendant cette crise.

Traduction : Marco Wolter

 

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