Les ONG accusent Frontex de violation du droit international et des droits de l'Homme. Crédit : DW
Les ONG accusent Frontex de violation du droit international et des droits de l'Homme. Crédit : DW

Des ONG et collectifs ont accusé jeudi Frontex d'utiliser ses avions de reconnaissance en mer Méditerranée pour renvoyer des migrants en Libye. L'agence de protection des frontières de l'Union européenne n'alerterait que les garde-côtes libyens lorsqu'elle repère une embarcation en détresse, omettant d'avertir les navires humanitaires ou commerciaux présents sur zone.

Frontex, l'agence européenne de contrôle des frontières, utilise des drones et des avions "pour établir la présence de bateaux en détresse et leur position sans lancer d'opération de sauvetage", accusent quatre ONG ou collectifs dans un rapport publié jeudi 18 juin.

Selon Alarm Phone, Borderline-Europe, Mediterranea et Sea-Watch, quand des embarcations de migrants sont repérées dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone), Frontex n'alerte que les garde-côtes libyens même si des navires humanitaires ou commerciaux se trouvant à proximité "pourraient aider de manière plus rapide et plus appropriée".

Cette stratégie a entraîné des naufrages et des "morts en masse", accuse le rapport, affirmant que les pays européens se sont dérobés à leur devoir de sauvetage des migrants en mer afin de les empêcher d'atteindre leurs côtes grâce aux avions de Frontex. Ces actions ont également provoqué le renvoi en Libye de "dizaines de milliers" de migrants, signalent les ONG.

Des accusations "totalement fausses", selon Frontex

Cette pratique représente, selon le rapport, une violation du droit international et des droits de l'Homme des migrants, qui sont renvoyés dans des camps de détention où les conditions de vie catastrophiques ont été rapportés par nombre d'associations et d'organisations internationales.

Par la voie de son porte-parole, Frontex a déclaré que ces affirmations étaient "totalement fausses", ajoutant que l'agence avait contribué à secourir 330 000 personnes au cours des dernières années. Il a également démenti l'utilisation de drones.

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Frontex a par ailleurs précisé qu'en vertu du droit international, il appartenait au "centre de sauvetage compétent" de décider quels bateaux, dans quelles zones, seront appelés à participer au sauvetage.

Mais les ONG accusent l'agence européenne d'agir ainsi afin d'empêcher "de facto d'autres bateaux de secourir les migrants et de débarquer les rescapés dans un port sûr", hors du territoire libyen.

 

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