Le camp de refugies Nea Kavala, en Grece. Photo: Imago/Christian Mang
Le camp de refugies Nea Kavala, en Grece. Photo: Imago/Christian Mang

Athènes a annoncé samedi une nouvelle prolongation - pour la quatrième fois - du confinement dans les camps de migrants en Grèce, jusqu'au 5 juillet. Les défenseurs des droits de l'Homme dénoncent, eux, des atteintes aux droits des migrants.

Les autorités grecques ont annoncé samedi 20 juin une nouvelle prolongation du confinement instauré dans les camps de migrants surpeuplés du pays. Selon le ministère de l'Immigration et de l'Asile, les résidents des centres de réception et d'identification des migrants, dispersés à travers la Grèce, doivent rester confinés jusqu'au 5 juillet, soit plus de deux mois après le début du déconfinement dans le reste du pays.

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Il s'agit de la quatrième prolongation de ce confinement strict décrété dans les camps de migrants dès le 21 mars et qui devait prendre fin lundi 22 juin. Ces mesures sont censées lutter contre la propagation du Covid-19, mais aucun décès lié à cette maladie n'a été recensé dans les camps en Grèce et seulement quelques dizaines de contaminations y ont été détectées ces derniers mois.

''Pas de réfugiés à la rue, persécutés, emprisonnés''

Plus tôt dans la journée, samedi, des défenseurs des droits de l'Homme avaient justement organisé un rassemblement dans les rues d'Athènes, à l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, pour protester contre ces restrictions qui, selon eux, entravent les droits des migrants. Munis de pancartes disant ''Pas de réfugiés à la rue, persécutés, emprisonnés'', les militants, rejoints par des migrants, ont dénoncé le traitement de cette population par le gouvernement et notamment les expulsions de 11 000 réfugiés de leur logement temporaire.

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Depuis le 1er juin, les migrants qui ont obtenu une protection internationale avant le 1er mai 2020 ne sont en effet plus éligibles à un hébergement dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile. Beaucoup d'entre eux sont pourtant considérés comme vulnérables, notamment des familles avec des enfants en bas âge, des réfugiés seniors ou encore des personnes souffrant de problèmes de santé physique ou mentale.

Ce faisant, la Grèce espère libérer des places pour loger certains des quelque 32 000 demandeurs d’asile actuellement entassés dans des conditions ignobles sur les îles de la mer Égée.

Face à la situation et aux tensions qu'elle crée parmi la population locale, le gouvernement grec, pour sa part, ne cache pas son intention de dissuader les populations migrantes de poser le pied dans le pays. Samedi, le ministère de l'Immigration et de l'asile a fait savoir que la Grèce se trouvait ''au coeur d'une crise migratoire'' et en ''assumait un poids disproportionné''. ''Le pays protège les droits de ceux qui sont vraiment persécutés et fait office de bouclier de solidarité dans l'est de la Méditerranée'', a communiqué le ministère.

 

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