Vue sur le port de Cherbourg d'où sont partis les cinq migrants albanais et leurs trois passeurs. Crédit : Google Street View
Vue sur le port de Cherbourg d'où sont partis les cinq migrants albanais et leurs trois passeurs. Crédit : Google Street View

Deux ressortissants britanniques et un Albanais ont été interpellés dans la nuit de vendredi à samedi alors qu'ils venaient de quitter le port de Cherbourg à bord d'une embarcation avec cinq migrants à destination de l'Angleterre. Le cerveau présumé des opérations a également été arrêté sur l'île britannique de Wight, dans la Manche.

Une filière d'immigration clandestine "organisée" qui opérait entre l'Albanie et le Royaume-Uni a été démantelée le week-end dernier avec l'arrestation de trois passeurs présumés au large de Cherbourg, dans le département de la Manche en France, a appris l'AFP lundi 29 juin auprès du Parquet.

Deux d'entre eux sont des ressortissants britanniques et le troisième est un Albanais. Les trois hommes ont été interpellés dans la nuit de vendredi à samedi, peu après avoir quitté les côtes françaises avec un bateau de pêche de neuf mètres de long.

À son bord : cinq candidats à l'exil originaires d'Albanie, dont une femme enceinte. Tous font "l'objet d'une procédure administrative", indique le Parquet sans donner davantage de détails sur leur situation.

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L'opération a été menée par la Police aux Frontières (PAF) avec l'appui de la gendarmerie maritime et de la Marine Nationale.

Au même moment, la police britannique a, quant à elle, arrêté un homme de 43 ans sur l'île de Wight, dans la Manche, suspecté d'être le cerveau d'opérations de trafic d'êtres humains, dont celle en cours, et de blanchiment d'argent. Il a été libéré sous caution, selon un communiqué des enquêteurs chargés de l'affaire. Ces derniers précisent également que le bateau intercepté à Cherbourg était parti de l'île de Wight la veille, vers 2h du matin.

"Ce type de crime est une priorité pour nous"  

"Ce sont des arrestations importantes qui témoignent du travail fructueux dans lequel la Border force est engagée pour lutter contre le trafic de personnes", a commenté Dennis Norman, chef des opérations du commandement de la Border force (la police aux frontières britannique). "Les passeurs traitent les migrants comme des marchandises dont il faut tirer profit et les mettent dans des situations de danger extrême. C'est pourquoi ce type de crime est une priorité pour nous", a ajouté Martin Matthews, manager des opérations à la National Crime Agency (l'agence nationale de lutte contre le crime).

Tandis que la procédure "suit son cours" outre-Manche, côté français, les trois passeurs présumés ont été placés en garde à vue pour "association de malfaiteurs et aide à l'entrée, la circulation ou le séjour sur le territoire d'un État partie au protocole de Palerme contre le trafic illicite de migrants en bande organisée", souligne le parquet. Ils seront jugés jeudi à Cherbourg en comparution immédiate.

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Dans son communiqué, le parquet se félicite de "la collaboration étroite des autorités de police [françaises et britanniques]" et de "la parfaite coordination des autorités judiciaires [des deux pays]" ayant permis de "rassembler et échanger des éléments à charge pour mettre au jour et démanteler une véritable filière organisée opérant dans le trafic d'êtres humains".

 

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