Image d'archives de migrants débarquant à Lesbos. Crédit : Reuters
Image d'archives de migrants débarquant à Lesbos. Crédit : Reuters

La barrière flottante, longue de près de trois kilomètres et haute de plus d'un mètre, au large de Lesbos va bientôt être érigée, selon le ministère grec de la Défense. Avec cette frontière artificielle, Athènes espère réduire les arrivées de migrants sur les îles de la mer Égée.

La barrière flottante au large de l'île de Lesbos voulue par les autorités grecques pour stopper les arrivées de migrants va bientôt voir le jour. Elle est, selon le ministère grec de la Défense, dans sa phase finale : tout le matériel a été livré et l'installation ne devrait pas tarder, a-t-il précisé.

Longue de près de trois kilomètres et haute de plus d'un mètre dont 50 cm au dessus de l'eau, cette frontière artificielle devrait être installée au nord-est de l'île où, depuis 2015, des centaines de milliers de migrants ont traversé la mer Égée dans des embarcations de fortune pour rejoindre la Grèce et l'Europe.

Un appel d'offres avait été lancé par le gouvernement grec le 29 janvier. Selon le texte, le barrage sera mis en place par les forces armées grecques. Il devrait être agrémenté de feux clignotants pour une meilleure visibilité. Le budget total comprenant conception, installation et maintenance annoncé par les autorités est de 500 000 euros.

La Grèce craint une augmentation des arrivées de migrants

Ce projet de barrière flottante en pleine mer avait suscité l'inquiétude des ONG. "Ce plan soulève des questions préoccupantes sur la possibilité pour les sauveteurs de continuer d'apporter leur aide aux personnes qui tentent la dangereuse traversée par la mer", avait ainsi dénoncé Amnesty International.

>> À (re)lire : Mer Égée : des hommes masqués attaquent une embarcation de migrants

Depuis des mois, Athènes tente par tous les moyens d'empêcher l'arrivée de nouveaux migrants sur les îles de la mer Égée où s'entassent déjà plus de 33 000 demandeurs d'asile, pour une capacité de 5 400 places. La Grèce est d'ailleurs régulièrement accusée par des ONG et des migrants de "push back" violents en pleine mer : les forces grecques renverraient de force des embarcations de migrants vers les eaux turques afin qu'elles n'atteignent pas les côtes grecques.

Avec la crise du coronavirus, les arrivées sur les îles face à la Turquie ont diminué de manière drastique. Depuis le mois d'avril, seules 350 personnes sont arrivées sur l'île de Lesbos. Mais les autorités grecques craignent une recrudescence des départs depuis la Turquie avec la fin des mesures de confinement imposées dans le pays pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

 

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