Ces migrants interceptés en mer par les garde-côtes libyens ont été ramenés à Tripoli jeudi soir et accueillis par une équipe de l'OIM. Crédit : OIM
Ces migrants interceptés en mer par les garde-côtes libyens ont été ramenés à Tripoli jeudi soir et accueillis par une équipe de l'OIM. Crédit : OIM

Trois groupes composés de quelque 300 migrants au total ont été interceptés par les garde-côtes libyens et ramenés en Libye, jeudi. Parmi eux, une majorité a été envoyée en centre de détention malgré des appels répétés de l'ONU pour faire fermer définitivement ces édifices.

Les tentatives de traversées de la Méditerranée depuis la Libye continuent de se multiplier : pour la seule journée du 2 juillet près de 300 migrants qui avaient pris la mer ont été interceptés par les garde-côtes libyens et ramenés dans le pays, a annoncé l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) sur Twitter.

Un premier groupe de 174 personnes a été débarqué au port de Tripoli jeudi matin avant d'être envoyé en centre de détention. Parmi eux, l'OIM a dénombré 16 femmes et 19 enfants. "Nous répétons que le système de détention arbitraire en Libye doit cesser", a tweeté l'institution onusienne.

Quelques heures plus tard, ce sont 23 autres migrants qui ont été interceptés par les garde-côtes de la ville de Zaouïa, ramenés à terre et envoyés, eux aussi, en détention.

Enfin, dans la soirée, un groupe de 102 migrants, dont 12 femmes et 20 enfants, ont été ramenés au port de Tripoli en présence d'une équipe de l'OIM ayant fourni une assistance à leur arrivée. Selon une porte-parole de l'organisme jointe par InfoMigrants, ce groupe a, contrairement aux deux précédents, été libéré.

Plus de 5 000 migrants interceptés depuis janvier

Au total, 299 personnes ont été interceptées jeudi. Selon l'ONU, plus de 5 000 migrants ont subi le même sort cette année, la plupart d'entre eux étant à leur retour en Libye "soumis à des détentions arbitraires, des violations des droits de l'Homme et autres abus." L'institution affirme également recevoir régulièrement des témoignages faisant état d'homicides illégaux, d'actes de torture, de violences sexuelles, de détentions arbitraires, de disparitions forcées ou encore de trafic et de vente de migrants pouvant constituer des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre.

>> À (re)lire : "En Méditerranée, on peut mourir une fois. En Libye, nous mourrons tous les jours" 

C'est d'ailleurs ainsi que, d'après un rapport de l'ONU, pourrait être qualifiée l'attaque du centre de détention de Tajourah, survenue il y a un an jour pour jour. La frappe aérienne avait entraîné la mort d'au moins 52 migrants détenus et fait 87 blessés dans ce qui est considéré comme l'un des incidents les plus meurtriers depuis le début de l'offensive du Maréchal Haftar sur Tripoli en avril 2019.

"Tant que la sécurité et la stabilité ne seront pas rétablies et que l'économie ne pourra pas absorber les millions de migrants présents en Libye pour travailler, les gens continueront de prendre la mer pour essayer d'échapper à ce conflit, à ce chaos, à ces abus", a commenté Federico Soda, chef de mission de l'OIM en Libye, lors d'un entretien accordé à la radio Vatican news, jeudi.

Dans un communiqué, les Nations Unies martèlent "l'urgence de fermer tous les centre de détention pour migrants en Libye" et appelle à la libération des détenus ainsi qu'à leur protection. "La situation est d'autant plus pressante que Libye est aux prises avec la pandémie de Covid-19 et que les migrants détenus y sont particulièrement exposés et vulnérables du fait de la malnutrition, des conditions sanitaires déplorables et de la surpopulation dans les centres de détention".

 

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