Une équipe médicale italienne s'est rendu sur l'Ocean Viking samedi afin de réaliser des tests au Covid-19 sur les 180 migrants rescapés. Crédit : SOS Méditerranée / Flavio Gasperini
Une équipe médicale italienne s'est rendu sur l'Ocean Viking samedi afin de réaliser des tests au Covid-19 sur les 180 migrants rescapés. Crédit : SOS Méditerranée / Flavio Gasperini

Malgré l'attribution d'un port sûr après plus de 10 jours d'attente en mer, les 180 rescapés de l'Ocean Viking de SOS Méditerranée doivent encore s'armer de patience : le navire humanitaire a jeté l'ancre, lundi matin, à l'extérieur du port sicilien de Porto Empedocle et attend les instructions de débarquement.

Après 10 jours d'attente en mer, l'Ocean Viking a reçu l'autorisation, dimanche 5 juillet, de débarquer ses 180 rescapés Pakistanais, Bangladais, Nord-Africains ou encore Ghanéens à Porto Empedocle, en Sicile. À bord, la nouvelle a été accueillie avec un grand soulagement, des embrassades et des applaudissements alors que des tensions se faisaient de plus en plus sentir ces derniers jours. Deux migrants s'étaient même jetés à l'eau jeudi dernier, dans une tentative désespérée de rejoindre les côtes européennes à la nage. Depuis, le navire avait dû se placer en état d'urgence, une première.

Selon l'équipage, au moins "cinq personnes parmi les 180 rescapés ont fait part d'intentions suicidaires. Certains montrent des signes d'agitation, de dépression et d'extrême fatigue mentale." Un médecin a d'ailleurs confirmé ce diagnostic samedi lors d'une visite à bord visant à remettre ensuite un rapport aux autorités italiennes sur la situation sanitaire. "J'ai pu constater un énorme inconfort psychologique sur le navire, au point de considérer la situation comme presque incontrôlable, pour les invités et l'équipage", a déclaré ce médecin. Des tests au Covid-19 ont également été réalisés.

"Le retard inutile de ce débarquement a mis des vies en danger", a tweeté, pour sa part, SOS Méditerranée qui affrète l'Ocean Viking, dimanche, à l'annonce de l'attribution de leur port sûr. "Au cours des derniers jours, l'Union européenne a gardé le silence : aucune initiative visant à relancer l'accord de Malte pour la relocalisation des rescapés. Il n'y a eu aucun signe de solidarité avec les États côtiers", regrette l'ONG française.

Quarantaine sur un ferry

Malgré l'attribution d'un port sûr et l'urgence du débarquement, les migrants n'avaient toujours pas posé le pied à terre, lundi matin. "Le capitaine du port a demandé à l’Ocean Viking de jeter l’ancre à l’extérieur du port de Porto Empedocle en Sicile. Le navire est désormais en attente d’instructions. Pour l’instant, nous n’avons pas reçu d’informations sur quand et comment le débarquement aurait lieu."

Le ministère de l'Intérieur a toutefois affirmé dimanche à un journaliste de l'AFP présent sur l'Ocean Viking que les 180 personnes seraient transférées "à bord du Moby Zaza", un ferry amarré dans le port de Porto Empedocle pour y être placés en quarantaine durant deux semaines.

L'Ocean Viking a repris le 29 juin dernier ses opérations après trois mois d'arrêt en raison du Covid-19, sur fond d'explosion des traversées de la Méditerranée centrale, entre les côtes libyennes et tunisiennes, d'une part, et Malte ou l'Italie, de l'autre.

Contrairement à l'Ocean Viking, deux autres navires humanitaires, le Mare Jonio et le Sea Watch 3, ont pu débarquer les dizaines de migrants secourus après seulement quelques heures à quelques jours d'attente, renforçant l'incompréhension des 180 rescapés de SOS Méditerranée. Ces derniers ont été secourus lors de quatre opérations distinctes menées les 25 et 30 juin.

 

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