Une embarcation composée de 268 migrants partis de Libye a réussi à atteindre Lampedusa dans la nuit de jeudi à vendredi. Crédit : Sea-Watch
Une embarcation composée de 268 migrants partis de Libye a réussi à atteindre Lampedusa dans la nuit de jeudi à vendredi. Crédit : Sea-Watch

Près d'un millier de migrants sont arrivés sur la petite île italienne de Lampedusa entre jeudi 9 et dimanche 12 juillet. Le président de la région Sicile a déclaré l'état d'urgence sur l'île tandis que son homologue de Calabre menace d'interdire les débarquements sur les côtes calabraises.

Ces derniers jours ont été denses en mer Méditerranée. Lampedusa, qui a vu débarquer 963 personnes en seulement quatre jours, a été débordé par l'afflux de migrants, pour la plupart originaires du Bangladesh ou de Tunisie.

Jeudi 9 juillet, ce sont 136 personnes qui sont arrivées sur l'île italienne à bord de 10 embarcations. Le lendemain, on comptait 434 migrants répartis dans neuf canots. Samedi 11 juillet, 12 bateaux transportant 286 exilés ont gagné Lampedusa et deux autres avec 107 migrants à bord ont rejoint l'île dimanche. De plus, 60 personnes ont été récupérées en mer par les garde-côtes italiens et ont rejoint la Sicile lundi matin.

L'unique centre d'accueil de l'île était ainsi surchargé ce week end alors que seulement 95 places d'hébergement sont disponibles. Environ 300 migrants vont être rapidement envoyés vers d'autres centres en Calabre ou dans la région des Pouilles afin de désengorger le hotstpot de Lampedusa - les premiers transferts ayant débuté dimanche soir.

"Les arrivées sont en hausse par rapport à l'an dernier"

Si la majorité des embarcations sont parties de Tunisie, deux ont atteint Lampedusa depuis les côtes libyennes. Un navire de 268 migrants parti de Libye a d'ailleurs surpris vendredi les humanitaires. "Un tel bateau, avec autant de personnes à bord, qui arrive à gagner l'Italie par ses propres moyens, c'est rare. On n'avait pas vu cela depuis plusieurs années", affirme à InfoMigrants Flavio Di Giacomo, porte-parole de l'Organisation internationale des migrations (OIM).

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"Les arrivées sont en hausse par rapport à l'an dernier, mais restent basses par rapport à celles d'il y a deux ans, et à plus forte raison celles d'il y a trois ou quatre ans", tempère néanmoins Flavio Di Giacomo.

Quelque 8 000 personnes, dont 2 000 Tunisiens, sont arrivées par la mer en Italie depuis le début de l'année, davantage qu'en 2019 (3 000) à la même période de l'année, mais bien moins que l'année d'avant (17 000 en 2018), selon les chiffres de l'OIM.

État d'urgence

Il y a quelques semaines déjà, les autorités italiennes s'inquiétaient d'un afflux de migrants dans le pays. "Cet été, nous aurons un nombre important (d'arrivées) et les migrants arriveront presque tous à Lampedusa par la route tunisienne. Il semble que nous soyons revenus à la situation d'il y a quelques années", avait déclaré Salvatore Vella, le procureur d'Agrigente, en Sicile.

Le président de la région Sicile, Nello Musumeci, qui était en déplacement samedi 11 juilet à Lampedusa, a proclamé l'état d'urgence sur l'île après les nombreux débarquements des derniers jours. "Ici, les problèmes sont sanitaires, sociaux et économiques. Nous avons besoin de réponses immédiates de Rome : Lampedusa ne peut pas devenir une 'terre frontière'. (...) La tragédie des migrants ne peut pas seulement peser sur une ville ou une région, alors que Rome et Bruxelles se détournent", a déclaré Nello Musumeci, dont les propos sont rapportés par le quotidien local Liberta.

La présidente de la région Calabre s'inquiète également et réclame des actions du gouvernement, d'autant que 27 migrants transférés dans sa localité depuis Lampedusa ont été testés positifs au coronavirus, peut on lire dans le média en ligne Lac News 24. "J'attends une réponse très rapide du gouvernement et je préviens que, sinon, je n'hésiterai pas à agir, exerçant mes pouvoirs d'ordonnance pour une urgence sanitaire, interdisant les débarquements en Calabre", a menacé Jole Santelli.

 

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