Image d'archives de migrants en mer Méditerranée, au large de la Libye. Crédit : Picture alliance
Image d'archives de migrants en mer Méditerranée, au large de la Libye. Crédit : Picture alliance

Une vidéoconférence a réuni mardi cinq nations africaines en première ligne dans la gestion des migrations et cinq pays européens confrontés à la crise migratoire. À l'issue de cette réunion consacrée à la lutte contre l'immigration illégale, des "projets de formation de la police et des soutiens financiers" ont notamment été décidés.

"Réduire la souffrance humaine, combattre l'exploitation des personnes vulnérables et les pertes de vies en mer et sur terre restent des impératifs communs d'ordre moral". Dans une déclaration conjointe, les ministres de l'Intérieur de l'Italie, de France, d'Allemagne, de Malte, d'Espagne, d'Algérie, du Maroc, de Tunisie, de Libye et de Mauritanie ont donné le ton de la vidéoconférence organisée mardi 13 juillet. Une réunion à laquelle participait également Ylva Johansson, commissaire européenne aux Affaires intérieures.

Lors de cette rencontre à laquelle ont participé cinq nations africaines et cinq pays européens, les dix ministres "ont exprimé un clair engagement visant à prévenir et combattre le trafic de migrants (...) dans le cadre de leur approche globale et équilibrée à la gestion des migrations", selon le document.

Formation de la police et soutien financier

À l'issue de cette vidéoconférence organisée dans le cadre de la lutte comme l'immigration illégale, les responsables ont décidé de "renforcer la coopération entre les forces de l'ordre (...) à travers des projets de formation de la police (...) et de soutien financier pour les équipements techniques".

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Une réunion "technique et opérationnelle" est prévue après l'été pour mettre en oeuvre ces lignes directrices, précise le ministère italien de l'Intérieur. "Nous utiliserons tous les moyens disponibles (...) pour identifier et punir les réseaux criminels exploitant les personnes les plus vulnérables", a promis Luciana Lamorgese, citée dans un communiqué. "Nous avons entamé aujourd'hui tous ensemble un parcours important (...) pour tenter de gérer le phénomène complexe des migrations", a conclu la ministre italienne.

Cette conférence intervient alors que le week-end a été dense en mer Méditerranée. En seulement quatre jours, près de 1 000 migrants ont débarqué sur l'île italienne de Lampedusa et plusieurs canots ont été interceptés par les garde-côtes libyens au large de la Libye. Selon le ministère de l'Intérieur italien, 8 988 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes entre le 1er janvier et le 13 juillet, contre seulement 3 165 pendant la même période en 2019.

Une déclaration "très préoccupante"

Ces annonces n'ont pas manqué de faire réagir les ONG. Sur Twitter Médecins sans frontières (MSF) parle d'une déclaration "très préoccupante". "Doit-on vraiment célébrer le fait de soutenir l'interception et le retour forcé de personnes vers un cycle de détention, d'extorsion, de torture et d'insécurité ? Doit-on se féliciter de laisser des hommes, des femmes et des enfants se noyer en mer alors que des avions de Frontex survolent (la zone) ?", s'interrogent les humanitaires.

Lundi après-midi, l'avion de reconnaissance du Sea-Watch, le Moonbird, a repéré une embarcation surchargée dans les eaux maltaises. Un navire des garde-côtes italiens pourtant présent à proximité n'a pas opéré de sauvetage. Mardi matin, le canot était encore en pleine mer, selon la plateforme téléphonique d'aide aux migrants Alarm Phone. "C'est une fois de plus un cas de non assistance par des acteurs étatiques en Méditerranée", accuse l'organisation.

Depuis le début de l'année, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 200 migrants sont morts en Méditerranée centrale en tentant de rejoindre les côtes européennes. La dernière tragédie remonte au 8 juillet quand sept migrants ont perdu la vie au large de la Libye.

 

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