Une partie des habitants d'Amantea en Calabre s'opposent à l'arrivée de 13 migrants porteurs du coronavirus et organisent ces derniers jours des manifestations, comme ici lorsqu'un axe routier a été coupé dimanche 12 juillet. Crédit : Ansa
Une partie des habitants d'Amantea en Calabre s'opposent à l'arrivée de 13 migrants porteurs du coronavirus et organisent ces derniers jours des manifestations, comme ici lorsqu'un axe routier a été coupé dimanche 12 juillet. Crédit : Ansa

Des habitants de la petite ville calabraise d'Amantea protestent contre l'arrivée récente de migrants testés positifs au Covid-19, au moment où ils espéraient relancer le secteur du tourisme. Du même avis, la gouverneure de la région demande que les migrants soient mis en quarantaine sur des bateaux au large des côtes italiennes.

Un groupe d'habitants a décidé de faire entendre son mécontentement envers la présence de migrants malades du coronavirus à Amantea, en Calabre, dans le sud de l'Italie. Après avoir bloqué la veille une route nationale, ils sont des dizaines à être descendus, lundi 13 juillet, dans les rues de cette petite ville touristique de 14 000 habitants, rapporte l'agence de presse AP.

Sur un groupe de 24 migrants secourus récemment en mer, 13 ont été testés positifs au Covid-19 et logés dans des appartements d'Amantea, au coeur d'un quartier résidentiel. Ils étaient partis du Bangladesh avec l'aide d'un passeur. Malgré la présence constante de véhicules de police à l'extérieur du bâtiment pour surveiller que les migrants respectent bien l'isolement, de nombreux habitants réclament leur départ. Les autorités ont envoyé l'armée sur place pour maintenir le calme, notamment dans la zone où ont été placés les migrants.

>> À (re)lire : Lampedusa : près d'un millier de migrants débarquent en 4 jours

"Je partage les inquiétudes des habitants", a déclaré la gouverneure de la Calabre, Jole Santelli, dans une interview accordée à la chaîne Sky TG24. La dirigeante a, une nouvelle fois, demandé au gouvernement italien, que les migrants secourus en mer soit placés en quarantaine sur des ferries au large de la côte comme ce fut le cas dernièrement en Sicile pour les rescapés de l'Ocean Viking ou du Sea Watch 3.

Une trentaine de nouveaux cas en Calabre

Jole Santelli a expliqué qu'Amantea, tout comme d'autres villes côtières aux alentours, dépend grandement du tourisme et que la présence de migrants atteints du coronavirus est donc néfaste pour l'image de la ville et son économie déjà durement frappée par la pandémie.

Jusqu'à l'arrivée des migrants malades, la Calabre ne comptait presque plus aucune contamination, avec seulement un ou deux nouveaux cas par jour tout au plus. Dimanche, 28 nouveaux cas ont été confirmés dans la région ; tous parmi des migrants secourus la semaine dernière.

>> À (re)lire : Racisme et violences policières : les migrants parmi ceux touchés ''de manière disproportionnée'' en Europe

Selon AP, le mois dernier, dans la région de Rome, plusieurs travailleurs saisonniers originaires du Bangladesh ont été testés positifs au coronavirus. Ce foyer épidémique a incité le ministre italien de la Santé, la semaine dernière, à interdire aux étrangers d'entrer en Italie en provenance du Bangladesh et de 12 autres pays affichant actuellement des taux d'infection élevés. Les vols en provenance de ces pays ont également été suspendus.

La colère d'habitants de Mondragone, petite ville déshéritée située au nord de Naples, s'est également faite entendre fin juin après la découverte d'un foyer de Covid-19 au sein d'un complexe d'immeubles occupés illégalement par des ouvriers agricoles étrangers. Avec près de 35 000 morts, l'Italie est le pays européen où la pandémie a fait le plus de victimes, après le Royaume-Uni (près de 45 000 morts) et devant la France (plus de 30 000), selon le décompte effectué en temps réels par l'université américaine Johns Hopkins.

 

Et aussi