Un bateau de la Border Force, la police aux frontières britannique, dans la Manche. Crédit : Picture-alliance/empics/V.Jones
Un bateau de la Border Force, la police aux frontières britannique, dans la Manche. Crédit : Picture-alliance/empics/V.Jones

Alors que la France et le Royaume-Uni viennent de créer une cellule commune de lutte contre les passeurs censée diminuer les périlleuses traversées de la Manche, 180 migrants sont arrivés sur les côtes britanniques pour la seule journée de dimanche. Du jamais vu selon les autorités anglaises.

Jamais autant de migrants n'avaient réussi à atteindre les côtes britanniques depuis la France en une seule journée : dimanche 12 juillet, 180 personnes réparties sur 15 embarcations de fortune sont parvenues à traverser la Manche, bénéficiant notamment de conditions météorologiques favorables.

Côté français, les autorités ont également intercepté à bord de plusieurs embarcations plus de 200 autres migrants qui souhaitaient rallier l'Angleterre.

Au même moment, le nouveau ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, recevait à Calais son homologue britannique, Priti Patel, afin d'annoncer la création d'une "cellule franco-britannique de renseignement" dans la lutte contre les passeurs de migrants. Le lendemain de cette annonce, 32 personnes ont tenté de traverser la Manche, selon le Home Office, l'équivalent britannique du ministère de l'Intérieur.

Le précédent record de traversées remontait au 3 juin lorsque 166 migrants sont arrivés sur les côtes des comtés du Kent et de Sussex depuis la France. Au total, depuis le début de l'année, 2 660 ont réussi leur traversée.

"Malgré toutes les mesures prises à ce jour par les forces de l'ordre - intercepter les bateaux, procéder à des arrestations, renvoyer des personnes en France et mettre les criminels responsables derrière les barreaux - les chiffres continuent d'augmenter", a reconnu Priti Patel, qui mise sur la nouvelle cellule franco-britannique pour tenter d'endiguer le phénomène.

Mais en face, Gérald Darmanin a prévenu qu'un simple échange d'informations ne serait pas suffisant. Il est "important que nos amis britanniques prennent conscience" que si les migrants viennent ici à Calais, c'est "pour passer de l'autre côté de la Manche. On a rappelé à Mme la ministre que nous avons besoin de moyens supplémentaires. Le gouvernement britannique a fait beaucoup pour la protection du littoral nord mais nous avons encore besoin de davantage de moyens, tant pour le matériel que pour des hommes", a déclaré le ministre français.

>> À (re)lire : "Le taux de réussite des traversées de la Manche augmente et attire plus de migrants à Calais" 

 

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