Crédit : RFI
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La Hongrie a lancé samedi 1er avril une campagne anti-européenne. Dans un questionnaire, le gouvernement du Premier ministre Viktor Orban demande aux citoyens leur avis sur les politiques d'immigration de Bruxelles qui, selon lui, menacent leur indépendance.

Le questionnaire, intitulé « Stoppons Bruxelles! », a été envoyé à chaque foyer, a annoncé un haut responsable du gouvernement en lançant officiellement la campagne. Il comporte six questions, portant principalement sur la question de l'immigration. « Que doit faire la Hongrie lorsque, en dépit d'une récente série d'attaques terroristes en Europe, Bruxelles veut la forcer à laisser entrer des migrants entrés illégalement? », est l'une des questions posées. Les réponses proposées donnent le choix entre « permettre à ces migrants de circuler librement dans le pays » ou bien « les maintenir sous surveillance en attendant que les autorités statuent sur leur cas ».

« un objet de propagande » selon Amnesty

« Ce sont des questions très trompeuses, regrette Aron Demeter, porte-parole de l'ONG Amnesty International en Hongrie. Ce n'est pas une vraie consultation ou un vrai questionnaire. C'est essentiellement un objet de propagande. Il n'y a pas de raison légale pour justifier ces questions. Mais récolter un grand nombre de réponses permet au gouvernement de pouvoir affirmer que les citoyens hongrois appuient complètement ses politiques. C'est un outil de communication qui montre aux citoyens hongrois que le gouvernement est fort et qu'il agit en leur faveur. Mais ce n'est pas vrai.

Cela met à mal la démocratie et l'Etat de droit. C'est aussi une violation des droits non seulement des demandeurs d'asile et des réfugiés en Hongrie, mais également des citoyens hongrois. C'est quelque chose que le gouvernement fait intentionnellement. Ils blâment des personnes sans défense et les accusent d'être des terroristes, des violeurs et des criminels. Cela ne fait que renforcer la haine envers un groupe vulnérable. »

Des ONG victimes d’« une chasse aux sorcières »

Cette campagne intervient dans un contexte où la pression sur les ONG se fait de plus en plus forte. « Amnesty International fait partie de ces ONG que le gouvernement hongrois a dans sa ligne de mire. Ils nous accusent de soutenir les migrants illégaux et même parfois d'aider les criminels qui aident les terroristes. Ce n'est pas nouveau, explique Aron Demeter.

C'est une chasse aux sorcières qui est menée envers ces ONG. La même que celle qui est faite aux demandeurs d'asile et aux réfugiés. Le gouvernement hongrois doit avoir des coupables. Son intention est de discréditer le travail de ces ONG et de montrer au grand public que nous sommes responsables de la venue des migrants et des réfugiés. C'est insensé. Ces ONG protègent les droits des citoyens hongrois comme ceux des étrangers. Elles offrent des services comme de l'aide juridique ou des actions humanitaires. Elles travaillent de manière transparente. Donc ce n'est qu'une absurdité, une chasse aux sorcières. »

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Texte initialement publié sur : RFI

 

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