Photo d'archive de Calais, en 2016. Crédit : Mehdi Chebil
Photo d'archive de Calais, en 2016. Crédit : Mehdi Chebil

Dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, plusieurs associations ont alerté, mardi, sur la dégradation des conditions de vie pour les migrants présents à Calais dans le nord de la France. Certains exilés n'ont, selon elles, plus accès à l'eau potable ou aux distributions de repas depuis le démantèlement du camp des Dunes, près du port, où vivaient des centaines de personnes jusqu'au 10 juillet dernier.

"L’expérience de ces 30 dernières années montre que la réponse brutale des évacuations policières quotidiennes n’apporte aucune solution digne, aucun règlement, strictement rien, sinon des souffrances supplémentaires. Il est nécessaire de changer aujourd’hui de paradigme, Monsieur le ministre !" Dix jours après la visite de Gérald Darmanin à Calais, plusieurs associations ont adressé une lettre au nouveau ministre de l'Intérieur français pour souligner "l'urgence" de la situation dans cette ville du Pas-de-Calais et ses alentours.

Alors que plus de 500 migrants ont été évacués de force peu avant la visite du ministre le 12 juillet, la majeure partie d'entre eux est aujourd'hui de retour à Calais où ils survivent dans des conditions "intolérables" dans l'espoir de réussir à rejoindre l'Angleterre. Certains n'ont actuellement plus accès à l'hygiène ou à la nourriture, affirment Amnesty International, Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières, La Cimade et le Secours Catholique dans leur missive rendue publique mardi 21 juillet. 

"Cette évacuation a entraîné l’arrêt de la principale distribution alimentaire et du dispositif de douches. Les quelques robinets permettant l’accès à l’eau sont, eux, toujours présents, mais inaccessibles, en raison de la présence policière", écrivent-elles.

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Interrogé par l'AFP, le préfet du Pas-de-Calais Fabien Sudry nuance cet avis : "Deux sites de distribution de repas (sur les trois habituels) fonctionnent aujourd'hui et permettent de distribuer environ 1 000 repas par jour", assure-t-il. "Nous avons aussi un dispositif d'accès à des douches par des navettes (...) et la fréquentation est restée la même depuis plusieurs semaines avec environ 150 douches par jour." 

Ce service est proposé à raison de deux bus, cinq jours par semaine, afin d'acheminer les migrants par groupe de 14 maximum jusqu’aux douches situées route de Saint-Omer, à l'autre bout de la ville. Les lieux sont régulièrement désinfectés et la file d'attente surveillée par la police pour éviter des troubles à l'ordre publique et veiller au respect de la distanciation sociale.

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Par ailleurs, "deux fois par semaine, nous proposons des mises à l'abri dans des centres d'hébergement" et avons "déjà pris en charge 5 800" personnes depuis août 2017, a ajouté Fabien Sudry. Selon lui, l'évacuation du camp des Dunes avant l'arrivée de Gérald Darmanin était nécessaire afin d'éviter la formation d'un nouveau bidonville à proximité d'habitations.

Depuis le démantèlement de l'immense jungle de Calais en 2016 où ont vécu jusqu'à 9 000 exilés, ces derniers sont aujourd'hui disséminés dans plusieurs camps, souvent en périphérie de la ville. Les démantèlements y sont quasiment quotidiens.

 

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