Le campement de jeunes migrants avait été installé le 30 juin 2020 près de la place de la République, à Paris, pour interpeller les autorités sur le sort des jeunes qui assurent être mineurs. Il a été évacué le mardi 4 août 2020. Crédit : Nicolas Guyonnet/MSF
Le campement de jeunes migrants avait été installé le 30 juin 2020 près de la place de la République, à Paris, pour interpeller les autorités sur le sort des jeunes qui assurent être mineurs. Il a été évacué le mardi 4 août 2020. Crédit : Nicolas Guyonnet/MSF

Le campement qui abritait plus de 70 jeunes considérés par plusieurs associations comme des mineurs étrangers, dans le square Jules Ferry, dans le centre de Paris, a été évacué mardi matin. Les jeunes ont été dirigés vers un gymnase et des hôtels.

Après plus d'un mois à camper dans le square Jules Ferry, dans le centre de Paris, quelque 70 jeunes migrants qui affirment être mineurs ont été évacués mardi 4 août.

L'évacuation, qui s'est déroulée dans le calme, s'est terminée vers 8h30. Masques sur le visage, les jeunes ont été accompagnés dans des bus par des agents de la préfecture d’Ile-de-France et de la mairie de Paris, sous le regard de quelques policiers en retrait. Un arrêté d’évacuation avait été affiché par la police dimanche soir dans le campement.

Quarante-huit jeunes ont été conduits vers le gymnase Japy, dans le XIe arrondissement. Trente autres, plus vulnérables en raison de pathologies médicales – dont sept jeunes filles – ont été logés en hôtels sociaux.

Evalués majeurs par plusieurs départements, les jeunes hommes présents sur le campement sont actuellement dans l’attente du recours qu’ils ont déposé contre cette évaluation. En attendant, aucun dispositif d’hébergement n’est prévu pour eux.

Paris doit "montrer l’exemple"

Les associations qui les soutiennent (Utopia 56, Comede, les Midis du Mie, la Timmy et Médecins sans frontières) militent pour qu'ils soient considérés comme mineurs et pris en charge comme des enfants en danger le temps du processus judiciaire, qui peut durer entre six et dix-huit mois. Elles demandent notamment à Paris de "montrer l'exemple" en créant un dispositif spécifique pour ces jeunes.

>> À (re)lire : Camp de mineurs à Paris : "Les autorités laissent pourrir la situation"

Contactée par InfoMigrants, Corinne Torre, responsable de la mission de Médecins sans frontières (MSF) en Ile-de-France affirme avoir accepté la solution de la mise à l'abri des jeunes en gymnase "exclusivement parce que cela doit être une solution transitoire". Selon elle, "Dominique Versini [adjointe à la mairie de Paris en charge des droits de l’enfant et de la protection de l'enfance] a accepté de remettre en cause la minorité telle qu’elle est décidée aujourd’hui". L’adjointe devrait organiser des réunions avec des acteurs de l’évaluation de l’enfance à la rentrée dans ce but.

Un accord a, par ailleurs, été trouvé avec la mairie de Paris pour qu’un dispositif destiné à ces jeunes en recours soit créé. "Le bâtiment a été identifié mais c’est un bâtiment nécessitant des rénovations donc on n’a aucune idée de quand il sera disponible", précise Corinne Torre.

Jeudi, Dominique Versini avait expliqué qu'un site avait récemment "été trouvé" et que l'État discutait avec une association susceptible de le gérer. Ce centre, qui serait une première en France, doit selon elle "être cofinancé par l'État", car "la prise en charge de ces jeunes relève de l'État".

Un discours contredit mardi par la secrétaire générale de la préfecture d'Ile-de-France, Magali Charbonneau. "L'État n'est pas favorable à la création d'un dispositif tiers, parce que ça ne se justifie pas", a-t-elle dit, en soulignant que "tous ces jeunes ont été évalués majeurs". Après leur mise à l'abri, "ils seront orientés vers des structures pour majeurs", en attendant une décision judiciaire, a-t-elle ajouté.

Selon MSF, plus de la moitié des jeunes accompagnés par ses services sont finalement reconnus mineurs par la justice au terme de la procédure de recours.

 

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