L'Alan Kurdi a été immobilisé deux semaines en mai pour "irrégularités". Crédit : Sea-Eye
L'Alan Kurdi a été immobilisé deux semaines en mai pour "irrégularités". Crédit : Sea-Eye

L'ONG Sea-Eye, qui affrète le navire humanitaire Alan Kurdi, a porté plainte mercredi contre le ministère italien des Transports pour immobilisation illégale de leur navire humanitaire. Début mai, l'Alan Kurdi avait été saisi par les autorités italiennes pour des irrégularités "de nature technique et opérationnelle". L'ONG avait dénoncé une décision "grotesque" entraînant l’arrêt de ses activités de sauvetage.

Nouveau bras de fer entre un navire de sauvetage et les autorités italiennes. L’ONG allemande Sea-Eye a déposé plainte mercredi 5 août en Sicile contre le ministère italien des Transports. Les humanitaires reprochent à l’Italie d’avoir immobilisé "illégalement" leur navire l'Alan Kurdi pendant plus de deux semaines au mois de mai.

Le 5 mai, après avoir secouru quelque 150 migrants au large de la Libye et respecté une quarantaine de 14 jours à bord en raison du coronavirus, l’Alan Kurdi est saisi pendant plusieurs jours par les autorités pour des "irrégularités", avant d'être finalement libéré. Dans un communiqué, les garde-côtes italiens affirmaient que le navire ne serait pas autorisé à reprendre la mer "tant que les irrégularités détectées ne seront pas rectifiées". Il est en fait reproché au navire humanitaire des défauts "techniques et opérationnels" qui risqueraient de "compromettre non seulement la sécurité de l’équipage, mais aussi de ceux qui ont été ou pourraient être secourus".

Une saisie "illégale et ridicule"

Selon Sea-Eye, l’Italie n’est pas légitime sur les questions de sécurité relatives au navire, qui bat pavillon allemand. "C’est l’État du pavillon qui est responsable, donc l’Allemagne", affirme à InfoMigrants Simon Pompe, porte-parole de l’ONG. "Cette saisie était complètement illégale et ridicule", continue-t-il. L’Alan Kurdi possède "les certificats de sécurité requis" par la BG Verkehr, la coopérative allemande pour les transports et le trafic, directement rattaché au ministère allemand des Transports, insiste Sea-Eye.

"Nous avons été les premiers à être immobilisé pour ces raisons. Après nous, le Sea Watch 3 et l’Ocean Viking ont subi le même sort et sont toujours bloqués en Sicile", déplore Simon Pompe qui espère que cette plainte permettra aux autres navires humanitaires de repartir rapidement en mer.

À la date du 6 août, plus aucune ONG n’était présente au large des côtes libyennes. 

Lundi, SOS Méditerranée, Sea-Watch et Sea-Eye ont accusé dans un communiqué l’Italie de bloquer leurs navires pour des "faux motifs" dans le but d’empêcher "les migrants secourus en mer d’atteindre l’Europe".

Un nouveau navire, le Sea Watch 4, actuellement amarré en Espagne devrait prendre la mer prochainement en direction des côtes libyennes, en collaboration avec Médecins sans frontières (MSF). "C’est la réponse catégorique de la société civile à la politique raciste de l’Union européenne, qui préfère laisser des personnes se noyer plutôt que d’atteindre les côtes européennes", a déclaré jeudi Philippe Hann, chef de mission du nouveau bateau. "Malgré tous leurs efforts pour nous en empêcher, nous n'arrêterons pas les opérations de secours".

L'Alan Kurdi, également amarré dans un port espagnol pour réparation, devrait aussi rejoindre la zone de recherche et de sauvetage "le plus vite possible".

 

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