Une embarcation de migrants en mer Égée, au large de l'île de Lesbos. Image d'illustration. Crédit : Reuters
Une embarcation de migrants en mer Égée, au large de l'île de Lesbos. Image d'illustration. Crédit : Reuters

Des garde-côtes grecs ont fait usage mardi de balles en caoutchouc sur une embarcation de migrants qui approchait de l'île de Rhodes, en mer Égée. Le bateau a rebroussé chemin vers la Turquie mais trois personnes ont été blessées, selon la garde côtière turque. Elles ont été hospitalisées.

L’incident survenu mardi 11 août marque une nouvelle étape dans la manière dont la Grèce entend lutter contre les arrivées de personnes migrants dans les îles de la mer Égée.

Il était environ 3h40 du matin lorsque des garde-côtes grecs ont ouvert le feu en direction d’une embarcation transportant des migrants depuis la Turquie vers l'île grecque de Rhodes, rapporte le site d’information grec Ekathimerini.com. Ces tirs ont eu pour effet de faire ralentir le bateau avant qu’il ne fasse demi-tour vers la Turquie.

La garde côtière hellénique a affirmé que ses agents avaient tiré sur "un endroit du bateau qui ne présentait pas de danger [pour ses passagers]".

La garde côtière turque, qui s’est rendue sur les lieux de l’incident, a, elle, déclaré dans un communiqué que trois personnes avaient été blessées par des balles en caoutchouc, précise Ekathimerini. Il s’agirait de deux Turcs et d’un Syrien. Les trois victimes ont été transportées à l’hôpital de la ville côtière turque de Marmaris.

Plusieurs incidents en mer Égée

Cet incident n’est pas le premier entre des garde-côtes grecs et des embarcations de migrants. Début mars, alors que la Turquie avait annoncé avoir ouvert les frontières vers l’Union européenne aux migrants, les autorités turques avaient diffusé une vidéo sur laquelle une vedette maritime semblant appartenir aux garde-côtes grecs était vue en train de tenter de dissuader une embarcation de migrants de rejoindre le rivage.

Sur les images, qui auraient été tournées au large de l'île de Kos, on voyait un homme vêtu de noir, à bord d'un bateau sur lequel est écrit "Hellenic Coast Guard", tirer des coups de feu à deux reprises dans l’eau à proximité immédiate du canot pneumatique.

Le porte-parole du gouvernement grec Stelios Petsas avait démenti sur Twitter, assurant qu’"aucun coup de feu n’avait été tiré par les forces de l’ordre grecques contre le moindre individu qui tentait d’entrer en Grèce illégalement".

"Ils ont fait d'énormes vagues pour nous repousser"

En mai dernier, InfoMigrants avait également recueilli le témoignage d’une personne migrante qui affirmait que l’embarcation dans laquelle il avait tenté de rejoindre l’Europe le 10 avril avait été "attaquée" par des garde-côtes grecs.

Intercepté à une vingtaine de kilomètres des côtes de Lesbos, cet homme affirmait que les garde-côtes avaient pris le bidon d’essence du canot avant de l’abandonner en pleine mer.

"Nous n'avions plus d'essence, nous ne pouvions plus avancer alors nous avons appelé les garde-côtes turcs. Quand ils sont arrivés vers notre canot, ils ont fait des petites vagues dans l'eau pour nous pousser vers Lesbos car nous étions encore dans les eaux grecques. Mais quand les Grecs ont vu ce qu'il se passait, ils sont revenus vers nous et ont fait d'énormes vagues pour nous repousser dans l'autre sens", a raconté à InfoMigrants le jeune homme.

Les tensions entre la Grèce et la Turquie en Méditerranée orientale sont également alimentées par la présence dans cette zone d'importants gisements gaziers. La situation s'est encore tendue, lundi 11 août, avec le déploiement par Ankara d'un navire de recherche sisimique, escorté par des bâtiments militaires. Athènes dénonce une "violation" de ses frontières martitimes et a lancé un appel à la communauté internationale. 

 

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