Des migrants débarquent d'un navire des garde-côtes britanniques après être arrivés dans le porte de Douvres, le 12 août 2020. Crédit : REUTERS/Matthew Childs
Des migrants débarquent d'un navire des garde-côtes britanniques après être arrivés dans le porte de Douvres, le 12 août 2020. Crédit : REUTERS/Matthew Childs

De nouvelles arrivées de personnes migrantes parties des côtes françaises ont eu lieu jeudi 13 août au Royaume-Uni tandis que Londres ne cesse de durcir son discours sur les demandeurs d'asile qui traversent clandestinement.

Voilà dix jours consécutifs maintenant que les falaises blanches du sud du Royaume-Uni voient débarquer de petites embarcations de migrants. Plusieurs enfants se trouvaient parmi les personnes migrantes arrivées jeudi 13 août. Elles ont été interceptées en mer par une patrouille de garde-côtes britanniques et amenées au port de Douvres où des agents des services d’immigration ont procédé à des évaluations pour détecter d’éventuels symptômes du coronavirus.

Plus de 650 personnes ont traversé La Manche à bord de petites embarcations durant le seul mois d’août. Le record de traversée a été atteint le 6 août lorsque 235 personnes sont arrivées sur les côtes britanniques en une journée. Le conseil du comté du Kent – la région dont fait partie Douvres – a signalé qu’il pourrait bientôt ne plus être en capacité de prendre en charge les demandeurs d’asile mineurs arrivant au Royaume-Uni.

Face à cette hausse des arrivées, Londres a déclaré vouloir rendre "impraticable" la traversée de La Manche. Pour cela, le gouvernement britannique a confié, dimanche 9 août,  la gestion de la question de l'immigration clandestine dans la Manche à un ancien membre du corps britannique de l'infanterie de marine. Dan O'Mahoney.

Habitué des terrains difficiles, Dan O'Mahoney, qui a notamment servi par le passé chez les "Royal Marines" en Irak et au Kosovo, aura pour "responsabilité principale de rendre la Manche impraticable pour les traversées de petites embarcations", a indiqué le ministère de l'Intérieur britannique dans un communiqué.

Le secrétaire d'État britannique à l'Immigration, Chris Philp – en visite à Paris le 11 août dernier - a déclaré que Londres et Paris travaillaient à un "nouveau plan opérationnel" entre les deux pays. Son contenu n'est pas encore connu mais la ministre britannique de l'Intérieur Priti Patel a notamment souhaité cette semaine que les garde-côtes anglais puissent recevoir l'aide de la Marine pour empêcher les embarcations de traverser, une demande actuellement à l'étude.

Cette éventualité a conduit l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés et l’Organisation internationale pour les migrations à publier, jeudi 13 août, un communiqué pour réaffirmer que les interceptions en mer ne constituent pas une solution à la question des traversées de La Manche. "Le déploiement prévu de grands navires de guerre pour dissuader ces traversées et bloquer de petites embarcations de faible tonnage peut entraîner des incidents dommageables et potentiellement fatals", ont rappelé les deux organisations.

"Changez d'urgence vos méthodes de faire"  

De son côté, Natacha Bouchart, la maire de Calais, a demandé, jeudi 13 août, au Premier ministre britannique Boris Johnson de "se calmer" et de "changer d'urgence" ses méthodes d'accueil des migrants, responsables selon elle d'un "appel d'air" vers le Royaume-Uni.

"Si les migrants veulent passer, c'est parce que les Britanniques eux-mêmes créent l'appel d'air. Ils créent l'appel d'air puisqu'ils n'ont en fait rien touché de leur législation depuis vingt ans, donc depuis le centre de Sangatte", a-t-elle estimé. "Donc j'interpelle Boris Johnson en disant ‘vous vous calmez d'urgence, changez d'urgence vos méthodes de faire et d'accueil des migrants’".

L'édile de Calais a également tenu à réagir à l'éventuel recours à des bâtiments de la Marine anglaise. "Je le dis clairement, c'est une déclaration de guerre maritime puisqu'il est hors de question que les navires de l'armée entravent en fait les eaux territoriales (françaises) et en plus, techniquement, c'est impossible", a réagi Natacha Bouchart. Et elle a aussi choisi d'interpeller le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin en lui demandant de ne pas négocier et de ne pas céder face aux Anglais, jugeant préférable d'aller au bras de fer pour essayer d'obtenir quelque chose.

 

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